Le surpoids touche 20 millions d’Algériens, soit 52% de la population, a indiqué le professeur Amar Tebaïbia, président de la Société algérienne de médecine interne (Sami), mettant en exergue la progression « inquiétante » des maladies de l’obésité et du surpoids dans le pays.
«Ces chiffres sont alarmants», a estimé le professeur qui s’exprimait en marge de la 12e Journée de diabétologie de l’EHU d’Oran qui a pris fin hier. Il a précisé qu’une étude ayant concerné un échantillon de 7 000 patients montre que l’obésité touche 30% des femmes, contre 14,5% des hommes, alors que le surpoids touche 52% de la population. « Ce taux énorme d’obésité laisse supposer que les données sur la prévalence du diabète vont augmenter », a estimé Pr Tebaïbia. Dans ce contexte, il a fait savoir que les statistiques de l’année 2018 montrent que 14,4% de la population est atteinte de diabète, alors qu’en 2003, ce taux ne dépassait pas les 7%. Ce qui indique que la maladie gagne du terrain dans la société algérienne à cause d’un ensemble de facteurs dont la sédentarité et le manque d’exercices, une alimentation riche en sucre, en plus du tabagisme, a-t-il expliqué. D’où la nécessité de tracer des programmes de sensibilisation pour lutter contre le tabagisme et la malnutrition et d’encourager l’exercice physique, a-t-il poursuivi, insistant sur les avantages de cette démarche pour faire baisser le taux du diabète et repousser l’âge d’atteinte par cette maladie, dont les complications peuvent être lourdes et parfois fatales.
A noter que la 12e Journée de diabétologie de l’EHU d’Oran, qui s’est déroulée du 7 au 9 janvier, a réuni 500 spécialistes de différentes régions du pays et de l’étranger. Cette rencontre est organisée sous l’égide de la Société francophone du diabète, avec la participation de conférenciers du Maroc, de Tunisie, du Mali, de Mauritanie, du Burkina Faso, du Sénégal, de Côte d’ivoire, de France, de Belgique, de Guinée et des Etats-Unis. Plusieurs thématiques liées au diabète ont été débattues au cours des trois jours de la rencontre, telles que « la place de l’insuline dans le traitement du diabète de type 2 », le « démembrement des diabètes de l’adulte », « le choix des antidiabétiques pour traiter le diabète de type 2 » et « L’individualisation de la prise en charge du DT2 mythe ou réalité ».