L’application d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde, ou Daps, qui vient d’entrer en vigueur ne fait pas l’unanimité au sein des opérateurs nationaux. Si certains l’approuvent, d’autres, par contre, vont même jusqu’à dire que des niveaux de taxes sont irréfléchis sur
les produits agricoles et agroalimentaires.
A ces derniers, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, rétorquera que « s’il y a des produits surtaxés ou moins taxés, on corrigera. »

Le ministre, qui intervenait à Chaîne III de la Radio algérienne depuis Berlin, où il a conduit une délégation d’une vingtaine de producteurs nationaux qui participe au Salon international des fruits et légumes « Fruits Logistica 2019 » de Berlin, a affirmé que les taxes applicables aux produits agricoles et agroalimentaires importés sont « modifiables au tant que de besoin ». Mais il a toutefois affirmé, contrairement à certaines déclarations d’opérateurs faisant part aux médias qu’ils n‘ont été nullement consultés pour fixer le taux des taxes, que « tous les opérateurs ont été consultés à travers les filières », non sans préciser que « les consultations se sont faites avant de signer l’arrêté relatif à l’application d’un droit additionnel provisoire (DAP) aux produits agricoles et agroalimentaires importés. Djellab a, cependant, rassuré que l’arrêté en question est « souple et adaptable à la conjoncture ». Il annonce : « J’ai programmé de revoir les associations des filières, donc, on va les rencontrer encore pour voir s’il y a des rectifications à faire ou de laisser en l’état. Autrement dit, « s’il y a des produits où il sera avéré qui sont surtaxés ou moins taxés, alors nous corrigerons ». Il y a lieu de savoir que des opérateurs présents au «Fruits logistica 2019 », interpellés à propos de la Daps, sont satisfaits globalement de cette mesure de sauvegarde et de protection du marché national bien que quelques-uns relèvent certaines anomalies.
Et sur ce point, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, donne l’exemple d’un intrant, « la purée de mangue », soumise, selon lui, à un droit additionnel « avec un taux de 70% » qu’il estime trop élevé car « entrant dans la composition de fabrication de jus », a-t-il soutenu. Abdelwahab Ziani relève que, par certains aspects, l’arrêté relatif au Daps encourage les gens à l’importation. « Nous avons des adhérents qui nous disent pourquoi produire lorsque des matières premières sont taxées de 15 à 30% alors qu’on peut importer un produit fini avec 5% de droit de douanes », conclut Ziani.
Toujours est-il qu’une question s’impose, celle de savoir si la régulation des importations par l’entremise de la Daps sera plus efficace que les interdictions d’importations qui ont concerné les véhicules depuis janvier 2015, suivis du ciment du rond à béton et, enfin, de 1 095 biens et consommables suspendus à l’importation. Disons enfin qu’il faudra s’attendre à ce que des produits au détail, sur les étals, soient affichés à des prix tout à fait inaccessibles aux moyennes bourses et encore plus aux petites. Certains opérateurs avancent par contre que « le consommateur va vite s’apercevoir que des produits importés et de surcroît taxés sont proposés à des prix inférieurs aux mêmes produits arrivés sur les étals par le biais de cabas et autres circuits illicites.
C’est pour dire que « les cabistes » se sont sucrés par l’interdiction des importations. Ils vont devoir donc chercher d’autres articles qui leur permettent de réaliser des gains substantiels et cela sur le dos d’une grande frange de consommateurs. <