Après avoir atteint leurs plus hauts niveaux sur les deux derniers mois, les cours du pétrole achevaient, hier, une semaine marquée plutôt par une tendance baissière sur les marchés.
Alors que observateurs attendaient de voir une forte augmentation des prix se produire sous l’effet de la situation tendue au Venezuela, les données sont restées ambiguës et les cours ont passé une semaine à évoluer dans une fourchette étroite face à une demande pas assez robuste pour tirer le marché vers le haut.
En dépit des sanctions de Washington sur le groupe d’Etat vénézuélien PDVSA, qui limitent l’offre mondiale de brut, le marché se montre hésitant, d’autant que jeudi, les inquiétudes sur le conflit commercial sino-américain ont été ravivées par Donald Trump, poussant les prix à évoluer hier dans des directions opposées. A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 61,89 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 26 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « Light sweet crude » pour le contrat de mars cédait 7 cents à 52,57 dollars.
« Des inquiétudes grandissantes sur l’économie, des marchés boursiers mornes et des doutes croissants sur la possible résolution du conflit sino-américain pèsent sur les cours du brut», ont expliqué les analystes de Commerzbank.
Le président des Etats-Unis Donald Trump a assuré, jeudi, qu’il n’avait pas prévu de rencontrer son homologue chinois Xi Jinping avant l’échéance du 1er mars, date à laquelle les tarifs douaniers américains augmenteront en l’absence d’accord commercial avec Pékin. « Inutile de dire que cela ne va pas aider l’économie mondiale et va alimenter les craintes que la demande mondiale de pétrole soit à la peine »,
a estimé Stephen Brennock, analyste de PVM, soulignant que les données venues d’Europe ont contribué à la baisse des prix.
Ainsi, après s’être focalisé sur la Chine, où la croissance a fléchi, le marché observe désormais avec inquiétude l’Europe, sachant que la Commission européenne a fortement abaissé jeudi ses prévisions de croissance 2019 pour la zone euro, avec un ralentissement particulièrement important en Allemagne et en Italie.