La 25e édition du Maghreb des livres,  organisée par l’association Coup de soleil, a débuté hier à l’Hôtel de ville de Paris avec, pour la deuxième année consécutive, l’organisation de la 2e édition de l’Orient des livres, en partenariat avec l’Institut de recherche et d’études Méditerranée-Moyen-Orient (Iremmo) étendant ainsi l’aire géographique de ce rendez-vous littéraire qui a réussi à drainer l’année passée plus de 7 000 visiteurs.

Durant trois jours, du 8 au 10  février, les littératures du Maghreb et du Moyen-Orient sont de nouveau mises à l’honneur autour de deux axes centraux, annoncent les organisateurs. Le premier axe est la mise en valeur du livre d’abord, avec la participation de 145 auteurs invités qui proposent dédicaces, entretiens, cartes blanches et lectures, en partenariat avec les librairies partenaires «L’Arbre à Lettres » et «L’Attrape-Cœur ». Le second axe  est celui des espaces d’échanges et de débats avec près d’une quarantaine de débats organisés, dans le cadre de rencontres, cafés littéraires ou tables rondes. Les auteurs algériens, publiés en Algérie ou par des maisons d’édition françaises, ont largement leur  place   dans ce rendez-vous littéraire avec, notamment l’organisation de ventes-dédicaces, ainsi que la participation aux tables rondes et rencontres thématiques organisées à cette occasion. Ce qui est intéressant pour les auteurs algériens, c’est cette ouverture pour  une plus grande visibilité dans le champ éditorial français et par ricochet au niveau maghrébin et international. Cette année, un hommage particulier est rendu à  l’un des plus grands auteurs algériens, en l’occurrence Mouloud Feraoun, avec des lectures d’extraits du roman «Le Fils du pauvre». Notons que demain à 15 heures, Ahmed Bedjaoui participera  à une rencontre sur  le thème «Naissance du cinéma algérien» dans une Carte blanche à la revue «CinémAction » où œuvra la regrettée Mouny Berrah. «Le Maghreb des livres», arrivé à l’âge de la maturité et initié par l’association Coup de soleil, dont le président George Morin est natif de  Constantine,  a tenu  le cap depuis un quart de siècle pour offrir une véritable vitrine ouverture aux auteurs d’Algérie,  de  Tunisie et du Maroc et, aujourd’hui, depuis deux années, aux auteurs de l’Orient dont des Egyptiens, des Libanais et autres. Dans un communiqué, publié la veille de cette manifestation, le président  de l’association «Coup de soleil» a tenu  à rendre hommage à tous les bénévoles et partenaires de cet événement, en  soulignant : «Nous avons donc mis un point d’honneur à marquer cet anniversaire par une qualité renforcée. Nous avons réussi à le faire malgré les difficultés administratives et financières qui nous ont tant fragilisés cette année, comme elles ont fragilisé tout le monde associatif français.»
C’est dans l’esprit de donner un nouveau souffle à cette manifestation que les organisateurs  ont animé, hier, avec la participation du  public, une la table ronde intitulée «Maghreb des livres, un quart de siècle ! Et maintenant ?»  par l’ancien présentateur de télévision, Rachid Arab et George Morin  réunissant notamment,  la romancière algérienne Maïssa Bey,  le Tunisien Tahar Bekri et le Marocain Fouad Laroui Toutefois, ce rendez-vous littéraire est l’occasion de  poser la problématique de l’état des lieux du champ éditorial au Maghreb. Une problématique largement abordée par la tribune publiée, hier, dans un grand quotidien français par Kenza Sefrioui,  critique littéraire, cofondatrice d’«En toutes lettres», maison d’édition marocaine  et membres de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. Dans cet écrit, elle met en relief  «l’urgence de structurer le secteur du livre au Maghreb », les grains de sable qui enrayent  les rouages de l’édition dans nos contrées et dont le plus saillant est celui de la diffusion,  de la distribution et de la coédition entres les pays maghrébins. Kenza Sefrioui estime ainsi qu’«il est beaucoup plus facile de lire un auteur algérien ou tunisien, à Casablanca, dans une édition française, que dans une édition algérienne ou tunisienne à un prix adapté à un pouvoir d’achat similaire. Les quelques initiatives de coédition et de livres solidaires restent trop peu nombreuses au regard des besoins» En attendant que l’édition maghrébine sorte de sa précarité, les amoureux des belles lettres, qui ont la chance d’être à Paris, ont encore toute la journée d’aujourd’hui et de demain pour aller à la rencontre des auteurs, d’assister aux tables rondes et surtout apporter leur grain à moudre dans ce qui est aujourd’hui un des plus important rendez-vous littéraires  qui ait réussi à fédérer la diaspora et à tenir le cap au-delà de toutes les difficultés.n