« Culture et langue amazighe : renforcement identitaire et linguistique algérien » est le thème choisi pour la célébration du 3e anniversaire de l’officialisation de la langue amazighe. L’événement, initié par la direction de la culture de Tizi Ouzou et qui s’étalera sur deux jours, les 6 et 7 février, a donné lieu à une série de conférences animées par des universitaires et chercheurs dans le domaine amazigh. Malgré les acquis, convient-on, d’autres défis attendent les chercheurs, notamment ceux impliqués dans l’Académie algérienne de langue amazighe (AALA) qui vient d’être créée par décret présidentiel. Des défis soulignés par le Pr Djellaoui, président de l’Académie algérienne de langue amazighe, qui a insisté sur le travail qui sera mené au sein de l’Académie et en dehors de cette institution par les autres universitaires impliqués dans la recherche dans le domaine amazigh, assurant que la tâche sera ardue. Partant de sa conférence ayant pour thème « Collecte du terrain et sauvegarde du patrimoine immatériel amazigh (parcours et perspectives) », le professeur Djellaoui rappellera que le travail de l’Académie algérienne de la langue amazighe ne débutera pas du néant. Le corpus sera constitué par des travaux sur la langue et culture amazigh qui ont été menés depuis la fin du XVIIIe siècle, jusqu’après l’Indépendance. Il appartient à l’Académie algérienne de langue amazighe d’assurer un encadrement scientifique de tous ces apports pour permettre un développement harmonieux de tamazight. L’une des tâches prioritaires que doit s’assigner l’AALA reste la confection d’un dictionnaire référentiel de la langue amazighe. « Une tâche qui demande beaucoup de temps et d’efforts », dira Djellaoui pour qui cette mission sera menée par des spécialistes en linguistiques qui sont membres de l’académie ou en dehors de l’institution qui restera à l’écoute de toutes les propositions et ne sera pas fermée aux contributions des chercheurs susceptibles, qui ont déjà travaillé et qui travaillent encore pour le développement et la promotion de tamazight, citant des noms connus comme le Pr Chaker, Ramdane Achab, Tassadit Yacine. S’agissant de la question controversée du choix de la graphie et de la transcription de la langue amazighe, le professeur Mohamed Djellaoui soutiendra qu’il appartient aux membres de l’Académie de trancher cette question à travers ces commissions composées de scientifiques et de spécialistes qui sont seules habilitées à émettre un avis sur le sujet et loin de toute influence politique.