Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) semble être passé à la vitesse de croisière en multipliant activités organiques et sorties publiques à travers différents médias en perspective de la participation de son président, Abderrezak Makri, à l’élection présidentielle d’avril prochain.
Cette élection constitue le prélude à la fin d’une étape et l’amorce d’un nouveau cycle, souligne le parti fondé par le défunt Mahfoud Nahnah, qui appelle à davantage d’adhésion autour de son candidat. Le parti, qui a réuni en effet avant-hier son Bureau exécutif national pour examiner le rapport établi par l’instance nationale des élections et de suivi de la situation politique du pays, déclare également que le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, « ne peut pas poursuivre l’exercice du pouvoir en raison de la nature de sa maladie ».
Dans une déclaration sanctionnant les travaux de cette réunion, le MSP estime que le scrutin du 18 avril « est d’une grande importance car annonciateur de la fin d’une étape et donc l’amorce d’une autre période dont la priorité ne peut être le positionnement personnel ou partisan, mais plutôt la réunification des rangs et de ne pas répéter les échecs précédents qui menaceraient le projet de Novembre ».
Sur la candidature – pas annoncée – du président sortant, le MSP, qui souligne « l’incapacité » de Bouteflika à poursuivre l’exercice de ses missions, estime que sa candidature pour un 5e mandat
« n’est pas dans son intérêt, mais plutôt dans l’intérêt de ceux qui profitent de la situation ».
Ces derniers, ajoute le MSP, « portent l’entière responsabilité des conséquences de leurs manœuvres qui menaceraient l’Algérie ».
Le MSP tient par ailleurs à fédérer davantage autour de son candidat Makri, en appelant les citoyens de divers horizons politiques à adhérer à cette candidature.
Cette formation politique compte visiblement ratisser large en s’adressant aussi bien aux partisans du projet islamiste, qu’aux démocrates sincères et à ceux qui croient en une «conception civile» de la pratique politique et à la préservation de l’institution militaire des luttes politiques.
Le MSP se félicite, par ailleurs, du rythme que connaît l’opération de collecte des signatures pour son candidat, mise sur une campagne électorale de qualité en mesure d’élever le niveau de la pratique politique dans le pays. Il mise également sur une campagne électorale qui va lui permettre de faire valoir ses capacités et de révéler la vérité des forces politiques du pays. Parallèlement aux réunions que tiennent les instances du parti, son chef et candidat à la magistrature suprême se montre de plus en plus actif et visible sur les médias à travers lesquels il s’adresse aux Algériens. Dans une vidéo qu’il a partagé sur sa page Facebook, M. Makri a livré quelques fondements de son programme.
Le chef du MSP évoque, dans sa plaidoirie, la question de la légitimité, estimant que « le gouvernement qui sera issu après les prochaines élections ne pourra pas affronter les turbulences sociales et les tensions populaires qui auront lieu en Algérie, s’il n’est pas légitime, ou isolé des forces politiques réelles du pays ».
S’attardant sur le volet économique, M. Makri a indiqué que le pays se dirige vers « une crise plus profonde qui menacerait la cohésion sociale », relevant que « les prochaines élections doivent être une occasion pour réaliser le consensus entre les Algériens ».<