Classée dans la catégorie des régions inondables, la wilaya de Bordj Bou-Arréridj vient de bénéficier d’une enveloppe de 369 milliards de centimes, validée par le ministère de l’Intérieur. L’enveloppe est répartie sur 19 opérations, incluant étude et aménagement des oueds et cours d’eau dans les communes et les agglomérations menacées par cette catastrophe naturelle. Il s’agit de réaménager l’oued El Faragh, à El Annasser, sur le CW 42, oued Aïn Taghrout, oued El Achir, l’endiguement des centres de Hasnaoua, sur la RN 76, de Bellimor et de Medjana. Ras El Oued, une agglomération grandissante a bénéficié d’une opération destinée à l’élargissement de oued Boudjerra et l’endiguement de oued R’maiel. D’autres opérations sont prévues pour l’endiguement des localités d’El Mehir, Ouled Braham, Rabta, El K’seur et Bordj Ghedir. Une partie de l’enveloppe est consacrée à l’étude technique des centres des communes de Ghilassa, Bellimor, Ras El Oued, Aïn Taghrout et Tixter. A noter que la région a connu d’innombrables inondations désastreuses, la dernière en date remonte au 23 septembre 1994, qui a longuement marqué les esprits et les habitants ne sont pas près d’oublier ce triste anniversaire. Un sinistre qui avait fait, rappelons-le,13 victimes, emportées par les flots, une personne portée disparue, 49 blessés, 800 sinistrés et d’importants dégâts matériels. Ou encore, à El Annasser, à 5 km au sud de Bordj, qui a connu également plusieurs crues, notamment en 2004, 2009, 2015 et 2018. Pour remédier à cette catastrophe naturelle, plusieurs rencontres de sensibilisation et de prévention ont été organisées depuis, regroupant différentes directions et sous différents thèmes. Sur les 34 communes, 13 sont considérées comme étant des zones inondables et une centaine de points noirs ont été recensés. Malgré les textes de loi interdisant la construction sur des zones inondables, certains citoyens, par nécessité ou par ignorance, n’hésitent pas à faire ériger leurs maisons en aval et aux abords des oueds, au risque de leur vie et celle des autres.
Et nonobstant le plan de lutte acharnée contre les constructions sur des zones inondables et des sanctions à l’égard des récalcitrants, les constructions illicites continuent de pousser comme des champignons. Des actions louables sont menées çà et là à la fin de la période estivale, en procédant au nettoyage des lits des oueds, des chaussées et des cours d’eau de leurs détritus, à l’origine de toute obstruction qui provoque des débordements, tout en traquant les constructions présentant un danger sur leurs occupants et sur les riverains, mais qui restent insuffisantes.
Certes, les inondations sont un phénomène planétaire, imputé, en grande partie, au changement climatique et à la prolifération sauvage du béton et du bitume qui empêchent l’infiltration des eaux de pluie dans les sous-sols, il n’en demeure pas moins que l’incivisme du citoyen et le laxisme des pouvoirs publics y sont pour beaucoup.