«Les récifs marins naturels et artificiels» est le thème de la journée d’étude régionale qu’a abrité l’auditorium du PNT de Lalla Setti (Tlemcen). Cette journée a été organisée par la Dprh, la Cpat et l’Uabt, sous l’égide du wali de Tlemcen.

Parmi les participants à la rencontre qui s’est tenue jeudi dernier, des experts de la direction générale de la pêche et de l’aquaculture (Dgpa), le Centre national de recherche et de développement de la pêche et l’aquaculture (Cnrdpa), des étudiants du département des sciences de la mer, des membres d’associations écologiques, des représentants du service national des gardes-côtes, entre autres. Dans son intervention, le directeur général de la pêche et l’aquaculture auprès du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, Taha Hammouche, soulignera « l’importance de l’économie bleue », au profit de laquelle ont été investis quelque 40 milliards de dollars avec notamment l’acquisition de 25 nouveaux bateaux et l’augmentation du nombre de ports (de 25 à 44 fin 2018) dont celui de Sidna Youchaâ (Tlemcen) doté d’une AP de 900 milliards de centimes. Par rapport à l’aquaculture, le responsable indiquera que ce secteur connaît un essor au niveau national à travers la réalisation de 65 projets et la production de
3 500 tonnes de poissons, outre
195 autres projets dont 65 lancés et 130 inscrits pour un coût estimé à
200 milliards de DA (dont 4, 7 milliards de DA au titre des investissements dans la wilaya de Tlemcen dont la production s’élève à 12 000 tonnes, outre 9 000 tonnes provenant de l’aquaculture). Dans sa communication intitulée «Récifs, aspect technique et règlementaire», Fouad Guenatri, sous-directeur à la DGPA, signalera que la production avait atteint
113 000 tonnes en 2000 avant d’être revue à la hausse à partir de 2006 avec 120 000 tonnes. « La DGPA s’est donnée le challenge de doubler la production et de pérenniser le métier de la pêche », soulignera-t-il. Abordant la thématique proprement dite, l’intervenant indiquera que « le récif artificiel est une structure fabriquée par l’homme pour mimer le récif naturel à titre de mesure de bioremédiation ; il se comporte comme un dispositif d’attraction du poisson, un support de fixation… » avant de mentionner qu’il existe trois types de récifs artificiels, à savoir le récif dit de protection (anti-chalutage illicite), de production (abri, habitat) et de paysage (aquarium). Pour sa part, Mouloud Benabdi, universitaire, biologiste de formation, présentera avec brio un exposé sur «l’expérience de l’Association Barberousse d’Oran» dont il est membre actif. «Il s’agit d’une première en Algérie, d’un cas d’école », précisera l’intervenant en évoquant l’immersion en 2015 du premier récif artificiel, un véritable baptême subaquatique, version « Barberousse », conçu en béton, sous forme de lego (kits) et implanté au niveau de la baie des Andalouses (Oran). Le représentant de ladite Association introduira dans ce sillage le concept novateur de récif-village dans le cadre d’une exploitation durable et équitable pour le compte de la pêche artisanale. A ce titre, un nouveau récif artificiel est inscrit sur l’agenda de « Barberousse » au titre d’un projet socio-économique. Quant au coût de ce type de structure sous-marine, la fourchette varie entre 100 000 et 200 000 dollars, si l’on croit l’orateur qui fera remarquer que le financement du premier projet est cent pour cent algérien, provenant de sponsors, excluant tout appui de l’UE, qu’«il n’est pas question de confier nos idées entre les mains des étrangers». D’autres communicants se succèderont tour à tour au pupitre, à l’instar de Megnanèche du Cnrdpa, Nacima Mesli de l’Uabt, Samia Mesli de la direction de l’environnement, Rabah Mazari et Djabour Sayeh de la DPRH de Chlef, qui parleront respectivement des « Missions et objectifs du Cnrdpa», «Evaluation des aires marines», «L’impact des récifs artificiels sur l’environnement marin», «Méthode de gestion des récifs artificiels et rétablissement des zones de pêche» et «Projet du complexe de pêche artisanale». Lors du débat, plusieurs points afférents au récif artificiel ont été abordés, tels le financement, la cogestion, la réversibilité, la cartographie, le principe de précaution, entre autres… La journée d’étude a été sanctionnée par une série de recommandations, à savoir réactiver les commissions ad hoc chargées des récifs artificiels, sensibiliser les professionnels sur la question, encourager dans ce sens les associations professionnelles et environnementales, impliquer les professionnels et les riverains dans le choix des sites, encourager les étudiants et les enseignants en matière de recherche et de conception, créer un réseau d’échanges entre les différents intervenants.