L’association Bariq 21, qui milite pour la promotion des énergies renouvelables et du développement durable, est menacée de dissolution, accusée «d’avoir mené des activités en dehors du cadre pour lequel elle a été créée», a-t-on appris du président de l’association Mohamed Tabbouche. Le wali de Skikda aurait, d’après ce dernier, intenté un procès contre Bariq 21 pour «non-respect de l’article 43 de la loi 12/06 relative aux associations», poursuit le président de l’association. Une procédure qui pourrait mener à sa dissolution. L’article 43 de la loi 12-06 relatives aux associations du 12 janvier 2012 stipule, en effet, que l’autorité publique compétente peut demander la dissolution devant le tribunal administratif territorialement compétent, lorsqu’elle (l’association) a exercé une ou des activités autres que celles prévues par ses statuts, ou avoir reçu des fonds provenant de délégations étrangères, en violation des dispositions de l’article 30 de la même loi. Le wali de Skikda reproche à l’association «ses participations aux évènements internationaux» notamment d’avoir pris part à la COP 23 organisée récemment en Allemagne, ou avoir bénéficié «de partenariats financés par des bailleurs de fonds étrangers», rapporte M. Tabbouche. Des accusations infondées selon ce dernier. «J’infirme tout ce qui a été cité dans la requête car les activités de l’association sont conformes à la loi régissant les associations», affirme le président de Bariq21, qui dit avoir «confiance en la justice algérienne». Cette association a toujours travaillé «dans la transparence pour éviter toutes tracasseries», ajoute-t-il. L’association qui compte une centaine de militants se donne pour but «de créer de la valeur ajoutée et former des jeunes capables de relever le défi pour l’intérêt du pays», ajoute M. Tabbouche, qui devrait comparaître le 19 février prochain devant le tribunal administratif de Skikda. Pour précision, l’association Bariq 21 a vu le jour en 2006. Bariq veut dire lueur et 21 fait référence à l’agenda 21 du protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre et aussi au 21e siècle, synonyme d’espoir.

Constitution  d’un collectif  de soutien
Aussitôt des associations de défense des droits de l’Homme ont, dans un communiqué commun, exprimé leur «préoccupation» concernant cette
«nouvelle escalade» contre les associations. Une posture qui s’inscrit en faux par rapport aux récentes déclarations du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales au sujet du changement de la loi en vue de l’assouplissement du travail des associations, ont indiqué ces associations dans un communiqué rendu public. Pour eux cette affaire «n’est pas un fait isolé» mais constitue manifestement «une guerre déclarée marquée par de multiples pressions et harcèlements contre les militants associatifs et d’interdictions et de non autorisations des activités».
En plus du refus d’enregistrer ou d’agréer les associations, l’administration semble passer à la dissolution ou au gel des associations autonomes. Exprimant sa solidarité «indéfectible» à l’association menacée de dissolution et aux autres «associations victimes de l’arbitraire de l’administration», le collectif interpelle les pouvoirs publics quant au respect des garanties contenues dans les lois algérienne et ses obligations internationales, «particulièrement le pacte relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Algérie et les différentes recommandations faites par les mécanismes internationaux de protection des droits humains au sujet de la liberté d’association qui doit être garantie en toutes circonstances», ajoute le communiqué.
Le collectif réclame une nouvelle fois la révision de la loi 12/06, qualifiée de «liberticide». Ces associations réitèrent ainsi leur revendication pour le «changement de la loi des associations» et appellent l’ensemble des acteurs du mouvement associatif «à rester mobilisés et solidaires pour faire triompher le droit et reculer l’arbitraire».