La cartographie politique s’est globalement dessinée pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain dans la mesure où les participants et les boycotteurs du rendez-vous sont connus. Le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune et Talaie El Hourriyet d’Ali Benflis font cependant exception. Les deux partis politiques font durer le suspense. Ils ne devront trancher leurs positions respectives que vers la fin du mois en cours. Les deux partis ont pourtant retiré les formulaires de candidatures auprès du ministère de l’Intérieur.

A cet effet, le parti de l’ancien chef du gouvernement, Ali Benflis, se donne encore du temps avant de trancher la question de sa participation ou pas à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Pour trancher cette question, une session de son comité central sera convoquée pour la dernière semaine du mois en cours, a affirmé, hier, à Reporters, Ahmed Adimi, porte-parole du parti, qui fait état d’un débat ouvert dans les structures de Talaie El Hourryet. M. Adimi a précisé qu’il appartient à cette instance, le Comité central, de décider la position à prendre pour le scrutin présidentiel. Manifestement, le parti se donne tout le temps nécessaire avant de trancher la question bien que son président, Ali Benflis, avait fait part de son intention de postuler à la magistrature suprême. Et si le parti n’a pas encore tranché quant à sa participation ou pas à la présidentielle, cela ne l’empêche pas d’avancer sur le volet technique, selon M. Adimi, qui regrette cependant des pressions contre les signataires de formulaires pour la candidature d’Ali Benflis « Côté technique, ça marche et la collecte des signatures se passe normalement sauf qu’il y a des pressions sur les personnes qui signent pour nous », a-t-il relevé. Il a en effet fait état de registres ouverts au niveau des Assemblées populaires communales (APC) pour « enregistrer ces personnes signataires et exercer, par la suite, des représailles contre elles », tient-il à dénoncer. Mais malgré «ce genre de pratiques, nous continuerons à faire ce qui est de notre devoir », a-t-il ajouté. Il faut souligner que le Bureau politique de son parti, lors de sa dernière réunion tenue fin janvier, a pris acte de la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle. Il a relevé, cependant, que cette convocation
« ne diminue en rien la densité du brouillard qui enveloppe le champ politique national, où l’affrontement entre des cercles du pouvoir politique, dans la perspective de l’élection présidentielle, fait courir au pays des risques de dérapage et l’expose à des menaces à sa stabilité et à sa sécurité nationale ». Estimant que l’élection présidentielle d’avril prochain est
« capitale pour le devenir de notre pays », le BP du parti a considéré que le pays « est confronté à des défis multiples qui ne peuvent être relevés que par un pouvoir légitime, issu d’un scrutin régulier, loyal et transparent capable de réunir les Algériens autour d’un consensus populaire pour dépasser la crise multidimensionnelle qui affecte gravement notre pays, ouvrir de nouvelles perspectives politiques, économiques et sociales et redonner espoir à notre jeunesse en un avenir prometteur ». Le parti avait tenu à préciser que la candidature d’Ali Benflis n’est pas tout à fait acquise et qu’il reviendrait au Comité central du parti de décider, estimant que « le pouvoir politique en place se trouve, dès lors, devant une lourde responsabilité historique, celle de donner la parole au peuple souverain pour qu’il puisse, enfin, s’exprimer librement, en garantissant la régularité du processus électoral dans toutes ses phases ». Le parti n’avait pas manqué l’occasion de critiquer les partisans de « la continuité » qu’il considère comme « synonyme de statu quo et d’immobilisme au moment où le changement s’impose impérativement pour le sauvetage de notre pays», a-t-il soutenu. Du côté du Parti des travailleurs, la démarche n’est pas si différente dans la mesure où la formation de Louisa Hanoune ne tranchera que vers la fin du mois, nous a indiqué, hier, Djelloul Djoudi, député et membre de la direction du parti. Relevant que les structures du parti s’attellent à réunir les conditions nécessaires pour la collecte des signatures, il a expliqué que son parti mise « sur une décision bien réfléchie et une lecture plus juste des données » en relation avec le scrutin présidentiel. Le même responsable a rappelé que la direction du parti est traversée par trois positions, alors que des indiscrétions indiquent que le parti serait proche de la non-participation.n