Le travail de la direction technique (DTN) de la Fédération algérienne d’escrime (FAE) commence à porter ses fruits en matière de préparation des jeunes talents. La 2e place au classement général de nos jeunes escrimeurs à Gagliari en Italie, à l’occasion du Championnat méditerranéen 2019 clôturé dimanche, est la meilleure preuve.

En effet, la sélection algérienne d’escrime a terminé ces joutes régionales à la deuxième place au classement général avec un total de sept médailles : 2 en or, 1 en argent et 4 en bronze. La compétition a été dominée par l’Italie qui a comptabilisé 43 médailles (16 or, 13 argent et 14 bronze) alors que la 3e place du podium est revenue à la France avec quatre médailles (1 or, 1 argent et 2 bronze). Les deux titres méditerranéens décrochés par l’Algérie dans la catégorie des juniors ont été réalisés dans l’épreuve par équipes/mixte féminin (épée, fleuret, sabre) grâce au quatuor Meriem Mebarki, Neila Benchakour, Zohra Kehli et Yousra Zebboudj, et dans l’épreuve individuelle par Nora Zahra Khali (Sabre juniors). La médaille d’argent a été remportée par Mohamed Cherif Krakria (Epée-minimes), alors que les quatre médailles de bronze sont revenues à Naila Benchekor (Sabre/minimes), Adem Izem Abdelhacib (sabre juniors), Meriem Mebarki (fleuret cadettes) et Chaîma Benadouda (sabre cadettes).

Le parcours des champions
En finale de l’épreuve mixte féminin (épée, fleuret, sabre), l’équipe algérienne a battu son homologue espagnole par 30 touches à 25. En demi-finale, elle s’est imposée sur le fil devant l’Italie (30-29), composée de Margherita Barrata, Alice Gambita et Emma Guarino. Quant à Nora Zahra Khali (Sabre juniors), elle a battu en finale l’Italienne Emma Guarino par 15 touches à 11. Par contre, Mohamed Cherif Krakria (épée-minimes) s’est incliné face à l’Italien Paolo Santoro (13-2). Auparavant, il avait dominé en demi-finale, le Portugais Diogo Onofre  (15-14) et en quart de finale l’Espagnole Martin Gamazo (15-5). En demi-finale du (sabre/minimes), Naila Benchekor a perdu face à l’Italienne Benedetta Fuzetti (15-7), et ce après avoir éliminé en quart de finale l’Espagnole Analia Fernandez (15-9).
Des médailles historiques
Et pour mieux saisir les performances de nos jeunes escrimeurs, il est important de relever que d’abord, nos cadets et juniors ont bien damé le pion aux Français dont les moyens sont supérieurs  à ceux de nos compatriotes. Ensuite, il est aussi important de savoir que lors de ces joutes nos jeunes ont décroché la première médaille d’or méditerranéenne de l’histoire par équipe et également la première médaille d’or méditerranéenne de l’histoire en individuel. Quant au classement général, nos cadets et juniors ont réussi le meilleur classement de l’histoire. Contacté par Reporters, le  président de la Fédération algérienne d’escrime (FAE), Raouf Salim Bernaoui, a qualifié de « bons » ces résultats estimant que « c’est un autre palier que nos jeunes ont atteint, car il faut savoir que la crème de l’escrime mondial se trouve en Méditerranée. Ce qui veut dire que le niveau est très élevé. D’ailleurs cette compétition s’est jouée dans le pays qui a récolté le plus de médailles olympiques dans le monde avec ses 130 médailles ». A la remarque positive du classement de nos athlètes passés devant les Français où les moyens humains, financiers et matériels sont supérieurs aux nôtres, Bernaoui déclare qu’« en dépit du fait que la France n’a participé que par un nombre réduit en juniors ça reste tout de même une bonne référence», mais, fait-il remarquer «le plus important pour nous, ce n’est pas d’être 2e ou 3e, mais surtout de constater que nos jeunes commencent à s’exprimer à jouer et à accepter également de jouer, car l’escrime n’est après tout qu’un jeu.»

Bernaoui interpelle la DJS
A la question sa voir si avec le peu de moyens que possède la Fédération nos jeunes peuvent bien s’améliorer davantage, Bernaoui répond sans hésiter qu’« il est évident qu’avec plus de moyens on pourrait réaliser d’autres bons résultats » non sans préciser qu’« il ne s’agit pas seulement de moyens financiers, car il faut aussi des moyens humains et matériels surtout. Prenez, par exemple, le cas des infrastructures à Alger, on a deux salles seulement soit celle de Ghermoul de 300 m2 et celle d’El Mouradia qui a été réalisée grâce à la participation, entre autres, du président de l’APC, Mourad Saber que je remercie au passage avec ses 200 m2. Avec 500 m2 seulement pour le Grand Alger, avouez que c’est peu pour une discipline qui est bien prisée.»
M. Bernaoui a aussi lancé «un appel aux DJS à s’intéresser à ce sport et permettre aux clubs d’ouvrir des salles spécialisées pour bien développer cette discipline olympique.» 
Le boss de la FAE n’a pas omis d’évoquer la salle de Souidania qui a été retirée à la fédération d’escrime pour des raisons de conflit entre le MJS et le COA par l’actuel DJS d’Alger. « M. Mohamed Hattab nous a promis de la récupérer, précise Bernaoui, mais on attend toujours pour la récupérer. De plus, il ne faut pas oublier qu’à Oran où on ne relève qu’une toute petite salle alors qu’on va organiser les prochains JM là-bas. Quant à Sidi Bel Abbès, je déplore l’absence de la moindre salle pour cette spécialité qui existe bel et bien », a conclu le premier responsable d’escrime en Algérie.n