C’est sous le thème «Analyse de la loi de finances 2019 et ses implications sur l’entreprise et l’investissement» que le bureau du FCE de Tlemcen, présidé par Wafa Bouayed Agha, a organisé, hier à l’hôtel Renaissance de Lalla Setti, une conférence-débat animée par Abderrahmane Benkhalfa, expert financier et ancien ministre des Finances. De nombreux opérateurs économiques et des directeurs d’exécutif de la wilaya de Tlemcen ont assisté à ce forum. «C’est l’une des plus importantes lois de finances adoptée par le pays dans une conjoncture financière et économique des plus difficiles, dès lors que la dépense publique est malheureusement toujours élevée par rapport au budget d’équipement de plus de 1 600 milliards de dinars», a estimé l’orateur. Il soulignera que «c’est le budget d’équipement qui fait tourner la
machine économique sachant que toutes les entreprises publiques ou privées sont liées par le plan de charge public». En dehors de nouvelles rentrées budgétaires, la loi de finances reste dépendante des fluctuations de la fiscalité pétrolière et, à ce titre, il dira que «l’économie ce n’est pas uniquement des chiffres, mais aussi des comportements et que l’Etat devrait encourager davantage les investissements directs étrangers (IDE), limiter les dépenses publiques par des ajustements structurels, l’assainissement de l’environnement économique et une valorisation pragmatique de toutes nos potentialités». S’agissant du syndrome de l’économie informelle et son corollaire la masse financière hors-circuit bancaire, l’expert financier préconise «l’engagement de réformes structurelles permettant aux banques d’intégrer ces fonds tout en élargissant le champ d’action des banques publiques car cela permettra de limiter les dépenses publiques de l’Etat». Par ailleurs, il faut rappeler que lors de sa visite de travail à Tlemcen, en mai 2016, alors qu’il était ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa avait déclaré, au sujet de l’emprunt national, que «cette opération n’est ni un blanchiment d’argent ni illicite vis-à-vis de la religion, comme tentent de le faire croire certains cercles».
Précisant que «l’emprunt national n’est intervenu que pour renforcer davantage nos ressources financières destinées à l’investissement économique et non à la réalisation d’infrastructures publiques qui sont et resteront à la charge des fonds publics».
«L’Algérie a réussi sa réconciliation nationale, elle doit aujourd’hui réconcilier l’informel avec l’économie formelle. Et c’est l’un des objectifs de l’opération emprunt national afin de mettre fin à cette dualité économique», avait-il souligné.n