Des restes fossiles d’animaux préhistoriques, dont un rhinocéros, un cheval et un bovidé de petite taille, ont été mis au jour dernièrement dans la wilaya de Djelfa, a annoncé avant-hier le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (Cnrpah). « Suite à la découverte d’ossements fossiles à l’Oued Mellah, à la sortie-nord de la ville de Djelfa, une équipe pluridisciplinaire (archéologues, conservateurs…) du Cnrpah a entamé les travaux d’analyse de ces vestiges paléontologiques », a indiqué un communiqué rendu public par le Cnrpah, en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, à l’occasion de sa visite de travail dans la wilaya.
Le ministre de la Culture a salué les efforts de tous les acteurs ayant contribué à cette découverte, à commencer, a-t-il dit, «par le citoyen Kheddouma qui a signalé la présence de ces fossiles, en passant par l’équipe de travail locale qui a sauvé cette découverte, puis l’équipe des spécialistes du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques qui a effectué les premiers examens sur les restes de fossiles découverts », rapporte l’APS.
Dans le document rendu public par le Cnrpah, il est précisé que ces restes fossiles ont révélé, après leur nettoyage et consolidation, la présence d’un rhinocéros du genre certotherium simum, un petit cheval du genre equus et un bovidé de petite taille.
Le rhinocéros vivait dans un écosystème de type savane relativement ouvert, avec la présence de points d’eau, aujourd’hui complètent disparus de l’Afrique du Nord, alors que le cheval est de la taille d’un zèbre ou d’un âne, selon les chercheurs du Cnrpah. Les restes fossiles découverts sont très bien conservés, à l’exception de quelques pièces souffrant d’altérations édaphiques, dues, entre autres, à l’érosion causée par la rivière, est-il ajouté dans le document, qui signale l’engagement, à l’avenir, de fouilles et de sondages au niveau du site.
Sans donner une estimation chronologique exacte à la présence de ce certotherium simum, le document du Cnrpah a, néanmoins, estimé qu’elle pourrait s’étendre de 0,5 million d’années à quelques milliers d’années, soit la période dite holocène, la dernière phase du quaternaire. Selon le même communiqué, la découverte de restes de fossiles de rhinocéros dans cette région est d’une grande importance en termes d’évolution paléontologique, paléo-écologique de cette espèce, soit par rapport aux représentations de cet animal sur les gravures rupestres de la région. La découverte va donner une indication chronologique de l’art rupestre dans la région de Djelfa, notamment au niveau des stations rupestres portant des gravures de rhinocéros à Zeccar, Aïn Naga, Oued Romila, Bouskine, Oued Hesbaya et Fidjet Elben.
A noter que la présence de ces ossements fossiles a été signalée par un citoyen de la région suite à une crue de l’Oued Mellah.
Aussitôt une équipe de bénévoles s’est rendue sur place, au début de cette année, constituée de spécialistes en archéologie et en patrimoine, en l’occurrence les professeurs Chouiha Hakim, Bensalam Messaoud, Djaballah Mohamed, Chouiha Abdelkader, et DR.
Aïssaoui Bouakaz de l’université Ziane-Achour de Djelfa, rapporte l’APS. « Nous avons demandé une autorisation auprès de la direction de la Culture en invoquant l’impératif d’effectuer des fouilles d’urgence sur site, car un BMS annonçait d’importantes chutes de pluie dans la région, ce qui a permis la mise au jour des ossements fossiles suscités », a-t-on souligné de même source.n