La levée de la suspension d’importation de dizaines de produits, décidée par les pouvoirs publics, a été saluée hier par le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), Hadj Tahar Boulenouar. Cette mesure est une preuve que «l’opération de suspension des importations a été un échec », a estimé M. Boulenouar.

«Le gel des importations décidé 2018 avait pour but de soutenir la production nationale et de faire baisser la facture des importations. Or, cela n’a pas été le cas», soulignera-t-il. «Les objectifs du gouvernement n’ont pas été atteints, puisque nous constatons que la facture d’importations avoisine toujours les 40 à 45 milliards de dollars et que la production nationale n’a pas décollé comme attendu», ajoutera M. Boulenouar qui s’exprimait au Forum du quotidien El Mihwar. Et si le décollage attendu pour la production nationale n’a pas eu lieu, c’est parce que «les producteurs n’ont pas saisi la chance offerte par le gel des importations pour augmenter leur production», fait remarquer le président de l’Anca, déplorant le fait qu’«en 2018, certains producteurs ont profité de cette opportunité pour augmenter les prix sans pour autant augmenter la production». Il reste cependant que si le président de l’Anca applaudit la mesure qui autorise le retour aux importations, il ne manque pas pour autant d’alerter sur les taux « trop élevés » de la taxe appliquée dans ce cadre, à savoir le Daps (Droit additionnel provisoire de sauvegarde), qui varient entre 30 et 200%, en fonction de la catégorie des produits concernés. «Ces taxes vont non seulement ouvrir les portes au monopole sur le commerce extérieur, mais pourraient surtout se répercuter sur les prix à la consommation et doper l’inflation», prévient M. Boulenouar, estimant néanmoins, qu’à travers l’instauration du Daps, «le gouvernement offre une seconde chance, en or, aux producteurs nationaux ». Ces derniers « seront seuls responsables de leur sort si, d’ici fin 2019, ils n’arrivent pas à offrir une production à même de satisfaire les besoins du marché local en produits de qualité, compétitifs et adaptés au pouvoir d’achat du consommateur algérien », prévient le même intervenant. Prenant la parole, Djaber Bensedira, membre de la commission nationale des opérateurs, a évoqué le problème de l’instabilité de la réglementation régissant le secteur du commerce qui, a-t-il estimé, constitue «l’obstacle phare » qui se dresse face aux investisseurs nationaux et leurs partenaires étrangers. Dans ce sens, il recommande «l’assainissement de l’activité import-export et l’instauration d’un climat favorable à la concurrence».<