L’Algérie projette d’atteindre 500 millions de dinars d’exportation de ciment dans les cinq prochaines années. C’est ce qu’a indiqué hier le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, lors d’un point de presse animé en marge de sa visite dans la wilaya de Béchar.

Pour atteindre ce montant, la filière ciment pourra compter sur un excédent de la production qui devrait atteindre entre 10 et 15 millions durant cette période de référence, a souligné M. Yousfi. Un excédent dont les premières quantités ont d’ailleurs déjà commencé à se manifester l’année dernière, faisant passer l’Algérie du statut de pays gros importateur de ciment à celui d’exportateur, et ce, à la faveur de capacités sensiblement renforcées chez les producteurs locaux de ce matériau, notamment le groupe public GICA et Holcim-Lafarge.
Ces deux entreprises, qui se partagent l’essentiel des volumes de ciments produits en Algérie, ont déjà réalisé quelques opérations d’exportation en 2018 à destination de l’Afrique de l’Ouest.
Celles-ci ont atteint 1 million de tonnes et devraient augmenter à
2 millions de tonnes en 2019, dont 1,2 million de tonnes seront couverts par le Groupe GICA, à une hauteur comprise entre 80 à 100 millions USD, selon les prévisions du ministère de tutelle. Mais les capacités d’exportation gagneront nettement plus en volumes à partir de 2020, année qui devrait voir l’Algérie porter sa production de ciment à 40 millions de tonnes, selon les projections du même ministère. Avec autant de ciment, ces capacités seront de 10 millions de tonnes. Une surabondance qu’il sera néanmoins difficile à écouler pour les producteurs d’un matériau qui obéit à des normes assez particulières de stockage et de transport, mais qui a également besoin de l’expérience de traders pour trouver place dans un jeu de rude concurrence internationale.
Pour rappel, le ciment figure sur la liste des produits dont l’importation vient d’être de nouveau autorisée par le gouvernement en contrepartie du droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) dont les importateurs devront s’acquitter. Pour les différents types de ciments concernés, c’est le seuil maximum de 200% qui est appliqué, signe de la surabondance qui caractérise le marché et aussi du souci des pouvoirs publics d’inciter les entreprises locales à aller vers la diversification de leur production.
En plus du dossier du ciment, Youcef Yousfi a de nouveau fait une halte dans le secteur des Mines, où il a mis l’accent pour confirmer la nécessité d’exploiter le gigantesque gisement de manganèse de Guettara dans l’industrie sidérurgique. Lequel gisement verra sa production passer de 6 millions de tonnes actuellement à 12 millions de tonnes, puis 16 millions de tonnes lors des prochaines années. A une question relative au gisement minier de Gâra Djebilet, à Tindouf, le ministre a répondu que « les études techniques relatives au projet seront bientôt finalisées, tandis que des études seront lancées lors de l’année 2019, en partenariat avec des étrangers en vue d’étudier la qualité du minerai ». « En cas de résultats positifs, un projet de grande envergure similaire à celui de l’exploitation du phosphate à Tébessa (Est du pays) sera lancé pour un montant de 1 000 à 2 000 milliards DA, ce qui permettra d’ériger la wilaya de Tindouf en un pôle minier dans le domaine de l’exploitation du fer », a ajouté le premier responsable du secteur.n