L’enterrement du chercheur et homme de culture Mansour Abrous se déroulera ce mardi 5 février, annonce sa famille, dans un  message publié sur sa page officielle. Le décès, à l’âge de 63 ans, des suites d’une longue maladie, de Mansour Abrous a suscité une pluie d’hommages en reconnaissance à son engagement  indéfectible pour la culture et l’art algériens, même s’il était établi en France depuis de longues années où il occupait le poste de chargé de la culture à la ville de Paris. De nombreux témoignages diffusés sur la toile illustrent son engagement par son soutien et son encouragement aux différents étudiants en art mais également son analyse régulière de l’évolution de la culture en Algérie à travers ses nombreuses publications dans  la presse et sur sa page officielle. Né le 23 septembre 1956 à Tizi-Ouzou, diplômé de psychologie (université de Paris-Nanterre) et d’esthétique (université Paris Sorbonne), Mansour a enseigné à l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, avant de quitter le pays pour la France, où il a été, entre autres, directeur de la culture de la ville de Créteil. Puis chargé de mission «culture» à la ville de Paris. Véritable défenseur de la transcription de la mémoire artistique algérienne, Mansour Abrous a publié un grand nombre de dictionnaires et d’ouvrages dans ce domaine et s’est intéressé de près au mouvement algérien des arts plastiques, auquel il a consacré de nombreux ouvrages. Parmi ces derniers, «Les Artistes algériens. Dictionnaire biographique 1917-1999» (Casbah Ed., Alger 2002), «L’Annuaire des arts en Algérie 1962-2002» (Alger, autoédition, 2004) et «L’art en Algérie. Répertoire bibliographique (1844-2008)», Casbah Editions, Alger 2009. Il est aussi l’auteur d’un essai intitulé «Contribution à l’histoire du mouvement étudiant algérien 1962-1982» (Ed. L’Harmattan, Paris, 2002).  De son vivant, lors d’une conférence animée à Alger à l’occasion de la présentation de ses ouvrages, Mansour Abrous, avait  expliqué à  propos de l’écriture de ses dictionnaires que  «l’objectif pour moi n’était pas seulement d’écrire le dictionnaire, mais c’est aussi une façon de rendre hommage à ces plasticiens. Et surtout leur dire que malgré le fait que l’on ne mesure pas aujourd’hui ce qu’a été leur apport, je pense que les générations futures se rendront compte que, même au moment où l’Algérie a été dans les plus grandes difficultés, même au moment où l’Algérie, en tant que nation, risquait de se perdre, ils ont été là en tant que panseurs de nos blessures et ont formulé les capacités esthétiques de l’Algérie».  A  propos de l’importance stratégique de la culture pour une nation, il nous avait déclaré que «l’art et la culture sont la profondeur stratégique d’une nation, en termes d’éthique, de comportement et de droiture. Ce sont les meilleurs remparts pour assurer la sécurité d’un pays et la cohésion nationale». En précisant que «la culture c’est deux choses : des repères dans le temps et l’histoire et c’est aussi de la cohésion. Et ce dont l’Algérie a le plus besoin aujourd’hui, surtout après la décennie noire, c’est d’avoir des repères pour sa jeune génération et de la cohésion». Affirmant ainsi que «c’est en ce sens que je plaide pour l’art et la culture soient des éléments de la profondeur stratégique, parce que ce sont des ressources à la fois esthétique, éthique et de création qui mettent à distance l’ennemi au sens militaire du terme. Et donc, pour moi, la culture et l’art participent justement à la sécurité de notre pays». Adieu, l’artiste, paix à ton âme.n