Le candidat indépendant à la présidentielle du  18 avril prochain, le général-major en retraite  Ali Ghediri, provoque des tensions entre le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et la première fortune du pays, le patron de Cevital, Issad Rebrab. Des tensions qui pourraient mener à la rupture entre les deux parties.

La direction nationale du RCD voit d’un mauvais œil la décision du patron de Cevital, Issad Rebrab, de soutenir la candidature du général-major à la retraite et de lui fournir une certaine assistance. Pour la direction du RCD, la démarche de leur allié historique Issad Rebrab nuit au combat démocratique et nourrit la lutte des clans au sein du même système.
Le président du RCD, Mohcine Belabbas, n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier publiquement Ali Ghediri de «menteur» et sa candidature de «non-événement» qui «n’apportera aucun changement» pour le pays. Ces déclarations virulentes ont été vite suivies par des mesures internes pour empêcher les élus ainsi que les militants du parti de récolter des signatures au général-major à la retraite ou de participer à sa campagne électorale. Selon des sources sûres, des cadres du parti organisent, depuis samedi, des rencontres au niveau des sections RCD dans les communes pour leur expliquer la position du parti sur la prochaine présidentielle. Lors de ces rencontres, qui se poursuivent toujours, les émissaires de Mohcine Belabbas instruisent les responsables, les élus locaux et les militants pour prendre leur distance des comités de soutien à la candidature d’Ali Ghediri, notamment dans la région de Kabylie. L’argument avancé consiste à présenter Ali Ghediri comme un candidat du système. «On a expliqué aux militants et aux responsables locaux du RCD que le candidat Ali Ghediri représente un clan au sein du système. En clair, sa candidature n’est qu’une diversion», nous a confié une source au sein du parti. Mieux, les militants et élus du RCD qui font partie du Comité de soutien aux travailleurs de Cevital ont été instruits de «manière ferme» par la direction de leur formation politique de refuser toute tentative de faire de ce comité un tremplin pour le général-major Ghediri. «La direction du RCD a demandé à tous ses militants membres du comité de soutien aux travailleurs de Cevital de s’opposer à toute action visant à soutenir la candidature d’Ali Ghediri», précise notre source. Elle ajoute : «La mise en garde de la direction du RCD est intervenue après que cette dernière ait été informée des tentatives de certains de transformer le comité en véritable organe de campagne pour le général à la retraite». Pour mettre les choses au clair, la direction nationale du RCD a notamment saisi officiellement, il y a quelques jours, le porte-parole du Comité de soutien aux travailleurs de Cevital, Mourad Bouzidi, pour lui signifier son refus de tout changement dans la mission du comité. Voulant préserver la stabilité de sa structure, M. Bouzidi a tenté de rassurer les responsables du RCD, mais ces derniers se disent non convaincus. «Les assurances données par Mourad Bouzidi aux responsables du RCD n’ont pas convaincu ces derniers», révèle notre source.
Vers le retrait du comité de soutien et le boycott de la marche du 5 mars
La colère des dirigeants du RCD contre la démarche d’Issad Rebrab pourrait même avoir des répercussions directes sur la marche programmée par le comité de soutien aux travailleurs de Cevital, le 5 mars prochain, dans la ville de Tizi Ouzou, pour dénoncer les blocages des projets d’investissements du premier groupe privé du pays à Béjaïa et dans d’autres wilayas.
D’après nos informations, la direction du RCD «réfléchit sérieusement» au boycott de la marche du 5 mars et au gel des activités de ses membres dans cette organisation.
«Les responsables du RCD estiment qu’ils ne peuvent soutenir Issad Rebrab si ce dernier continue à donner un coup de pouce à Ali Ghediri», affirme notre contact, qui n’écarte pas le «recours à une déclaration publique pour se démarquer du comité».

Mokrane Ait Larbi, l’autre point  de discorde
La désignation de l’avocat et militant des droits de l’Homme, Mokrane Aït Larbi, directeur de campagne de candidat Ali Ghediri, a ajouté de l’huile sur le feu. Le RCD n’a pas accepté l’idée que l’un de ses anciens vice-présidents prenne les commandes de la campagne de Ghediri. «La direction du RCD est très gênée par la présence de Mokrane Ait Larbi et de son frère Arezki dans la direction de campagne du candidat indépendant Ali Ghediri.
Ces deux frères sont classés dans la catégorie des adversaires du parti», nous confie notre source. L’inquiétude du RCD s’est renforcée après que des journaux électroniques aient annoncé la décision d’Issad Rebrab de mettre à la disposition du candidat indépendant Ali Ghediri une villa située sur les hauteurs d’Alger, plus exactement à Hydra, pour servir de quartier général au candidat Ghediri.