La sous-déclaration des travailleurs par les employeurs privés a un impact direct sur l’équilibre financier de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) et préoccupe ses responsables à Sidi Bel Abbès.

C’est lors d’une conférence de presse, organisée au siège de la Cnas, qui a regroupé la presse locale, les cadres de l’inspection du travail, les représentants de certaines entreprises étrangères et les cadres de la Cnas, dans l’objectif de sensibiliser sur la déclaration de la main-d’œuvre étrangère, que le directeur de la Caisse a annoncé le lancement en février d’une opération de contrôle au niveau des 27 entreprises dont 16 étrangères, dans le but de lutter contre toutes formes d’infractions commises et prendre les sanctions prévues par la loi à l’encontre des entreprises contrevenantes, entre autres pénalités et poursuites en justice et garantir les droits des travailleurs locaux et étrangers à la sécurité sociale. Les 12 contrôleurs de la Cnas, accompagnés des inspecteurs du travail, des agents de la Caisse nationale des congés payés et du chômage intempéries des secteurs du bâtiment, travaux publics et hydrauliques, et des éléments de sécurité, seront à pied d’œuvre au niveau des différentes entreprises privées, afin de pousser les employeurs à déclarer leurs employés de façon spontanée et suivant le salaire réel et à établir les déclarations des assurances annuelles et salariés, et aussi redresser les salaires des employés sous-payés, afin de garantir la stabilité financière de la Cnas. « La sécurité sociale est nécessaire pour le travailleur afin de garantir ses droits à la retraite », a déclaré le responsable du recouvrement et contrôle employeur de la Cnas, qui a fait part que la majorité des travailleurs étrangers sont déclarés suivant le salaire national minimum garanti, alors que l’enquête menée sur le terrain a révélé que la plupart de ces travailleurs jouissent d’une qualification professionnelle supérieure, ce qui est contraire aux lois. La Cnas a recensé 229 travailleurs étrangers actifs dont la majorité sont Chinois et Vietnamiens, qui sont déclarés et immatriculés, un chiffre loin du nombre réel de la main-d’œuvre étrangère, comparativement aux importants chantiers lancés à travers le territoire de la wilaya, indique-t-on. Le directeur de la Cnas déplore le manquement des entreprises étrangères à l’application du contrat collectif aggravé par l’absence d’une grille de salaires, ce qui encourage les employeurs étrangers à négocier le salaire avec leur travailleur algérien et ressortissant étranger et entravent la mission des inspecteurs du travail à appliquer la réglementation en vigueur. Il a également précisé que le paiement des salaires en espèces empêche la Cnas de recouvrer ses cotisations de façon directe ou de bloquer les comptes bancaires aux entreprises récalcitrantes. Pour les étrangers qui se trouvent en situation irrégulière sur le territoire national, c’est un peu compliqué et difficile à cerner, a affirmé le responsable de la Cnas, qui sollicite l’intervention des services de l’inspection du travail et des services de sécurité. De son côté, le directeur de l’inspection du travail a relevé, lors de ses sorties sur terrain, que le nombre de travailleurs algériens au niveau des entreprises étrangères est très réduit par rapport aux travailleurs étrangers, une situation qu’il impute au salaire dérisoire proposé à l’ouvrier algérien. «Sans l’amélioration des salaires, le chômage ne sera jamais résorbé en Algérie», a-t-il conclu. n