Côté majorité, le seul élément manquant au décor de la présidentielle d’avril prochain reste celui de l’annonce officielle du chef de l’Etat sortant pour sa candidature à un cinquième mandat. Toutes les autres pièces constitutives de la partition devant le conduire à rester ou à se relancer à la course, c’est selon les avis, ont été déjà dévoilées. La dernière en date a été la décision, hier, des formations politiques favorables à un nouveau mandat du président de la République de se réunir au siège du FLN – dont M.Bouteflika est le président d’honneur – et de le désigner comme leur champion face aux adversaires qui se présenteront contre lui. Ces partis qu’on désigne comme ceux de l’«alliance présidentielle » et qui, depuis longtemps, n’ont d’alliance véritable que leur accord sur le ticket gagnant que représente à leurs yeux le chef de l’Etat sortant, ont annoncé hier à Hydra qu’ils feront campagne pour l’homme qui est à la tête du pays depuis vingt ans. La réunion qui a regroupé le coordinateur de l’instance du FLN, Mouad Bouchareb, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounes, et le président de Tadjamoue Amel El Djazair (TAJ), Amar Ghoul, a été scellée par un communiqué final. Une déclaration par laquelle ils affirment que « le moudjahid Abdelaziz Bouteflika sera notre candidat pour l’élection présidentielle du 18 avril 2019 », mettant en avant, par la même occasion, son bilan de
« paix, de stabilité et de développement ». En attendant que le concerné annonce sa candidature officielle, ce qui devrait intervenir dans les prochains jours, voire dans
les prochaines heures, se pose d’ores et déjà la question de l’organisation de la campagne, du rôle qu’aura chaque formation sur le terrain. Nonobstant le fait que ces formations sont déjà rodées à l’exercice de campagne électorale au cours de laquelle on devrait voir leurs ténors occuper les tribunes, les données déjà manifestes signalent le risque d’embouteillage et, en perspective, l’équation des dividendes post-scrutin. Outre les formations qui se sont réunies hier au QG du FLN, un autre groupe de partis, celui de la «continuité pour la stabilité et les réformes», s’est lui aussi déclaré prêt à porter la bannière Bouteflika. Les « 15+4 » comme on les appelle également, crées en août 2018, se sont rassemblés hier au siège d’El Karama à Alger pour lancer un appel au chef de l’Etat sortant de se porter candidat pour la cinquième fois. Leur coordonnateur, le président de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, avec le chef du parti El Karama, Mohamed Benhamou, a affirmé que ce groupe «compte 2 000 élus locaux et 25 députés». Ses troupes devraient investir le terrain, selon M. Sahli, dès ce mois de février avec des « conférences spécialisées et des journées d’études sur les questions économiques, financières, sociales, culturelles, éducatives et sécuritaires » en relation avec le programme de leur candidat.<