Le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) a défendu, hier, la ligne politique de son parti vis-à-vis de la présidentielle d’avril prochain. Mohamed Hadji Djilani, qui était l’hôte du forum de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) pour un débat sur la conjoncture politique, en général, et le scrutin présidentiel, en particulier, a expliqué que sa formation n’était pas intéressée par ce rendez-vous qu’elle juge « sans enjeu » et qu’elle œuvrera à défendre son choix du boycott par un déploiement sur le terrain. Les structures du FFS à l’échelle locale auront un rôle important à jouer pour expliquer à l’opinion le positionnement du parti et son «attachement au projet de consensus national », a ajouté Hadj Djilani. Ce projet, synonyme d’une mise à jour totale du débat politique « pour un changement institutionnel », a-t-il mentionné, reste l’objectif fixé par le parti qui considère que « l’élection d’une Constituante » et l’«avènement d’une deuxième République » restent la « solution de sortie de crise dans laquelle se trouve actuellement le pays ».
«Si vous me dites que le boycott n’est pas une solution, la participation ne l’est pas non plus. Je me demande à quoi va nous servir une participation à un scrutin fermé d’avance ?», s’est interrogé le premier secrétaire du FFS, selon qui le scrutin du 18 avril prochain ne sera rien d’autre qu’une formalité. Pour lui, « on va assister sans surprise à la ‘’victoire’’ du candidat du système, quel que soit son nom, car le terrain lui est déjà balisé». «Toutes les données dont nous disposons nous indiquent que ce sera le candidat du système qui remportera l’élection », a soutenu Hadj Djilani. A ses yeux il n’y a pas de contradiction à avoir participé aux dernières législatives et de boycotter la présidentielle. En réponse à une question d’un journaliste à ce sujet, le responsable a affirmé que le rejet du scrutin présidentiel «ne relève aucunement de la contradiction» et que la présence du parti à l’Assemblée populaire nationale (APN) lui permet d’avoir une «tribune» pour faire entendre la voix de ses électeurs et de l’opinion, les «revendications du peuple», a-t-il dit. «Le FFS a choisi de faire alliance avec le peuple» et d’aller «dans son camp», a encore déclaré Mohamed Hadj Djilani pour qui «l’opposition» n’a pas échouer à s’imposer comme un acteur décisif dans le champ politique national. «C’est le pouvoir en place qui œuvre à la dépolitisation de la société et met tous les moyens pour ce faire et pour discréditer les voix de l’opposition», a-t-il dénoncé. «La démobilisation et le désintérêt constatés» sont le résultat de cette dépolitisation, a-t-il soutenu. «Le pouvoir ne laisse pas les partis politiques et les associations activer librement», mais «nous continuons à lutter en dépit de l’adversité», a-t-il poursuivi, avant de rejeter toute idée de crise au sein du FFS. Il n’y a pas de crise interne ni de dissension à l’intérieur du parti, a-t-il déclaré, ce qui est en contradiction avec les récents départs de cadres récemment recensés.