A l’occasion de la manifestation de «La Nuit des idées» Wassila Tamzali a ouvert les portes de son espace culturel à cette occasion afin de célébrer la création artistique et débattre de l’art contemporain. Elle s’est prêtée aisément au jeu des questions-réponses pour nous parler des Ateliers sauvages, de l’art contemporain algérien et de la circulation des idées et de la créativité.

Reporters : Pouvez-vous nous parler un peu des Ateliers sauvages ?
Wassila Tamzali : Les Ateliers sauvages est un espace culturel. Créé cela il y a trois ans, il reçoit des artistes pour l’exposition de leurs œuvres pendant un mois minimum. A travers cet espace, nous permettons au public d’être en contact avec les artistes. Lors de la soirée de «la Nuit des idées» et lors de cette exposition, nous avons inauguré un vernissage de l’exposition, en vue de montrer au public ce qui a été réalisé pendant les trois années d’activités et d’existence.

D’où vient l’idée des Ateliers sauvages, et quel est l’objectif de cet espace ?

J’ai eu cette idée et le désir profond de créer cet espace. Je vous fais savoir que je ne suis pas une artiste. Je suis avocate et également militante féministe et politique. J’ai acheté ce lieu pour faire une résidence d’artistes parce que c’est très intéressant pour moi. Quant à l’objectif, c’est tout simplement aider les artistes et l’art contemporain en Algérie.

Puisque vous avez évoqué l’art contemporain en Algérie, comment voyez-vous l’état des lieux de ce dernier dans notre société ?

Je pense que l’art contemporain en Algérie est vivant, très vivant. Il est porté par des artistes indépendants qui ne reçoivent rien de la part de l’Etat, malheureusement. Ils vivent dans la pauvreté et n’ont pas les moyens d’avoir une maison et une vie digne ! Et donc, un projet comme les Atelier sauvages c’est quelque chose de très modeste par rapport à ce qu’ils ont besoin.
Les Ateliers sauvages exposent gratuitement les œuvres artistiques et on offre aussi une résidence gratuite.

Comment percevez-vous le monde des idées en Algérie ?
Les idées ne s’arrêtent jamais. Il y a des moments où les idées sont partagées avec un grand public, et là, elles deviennent des idées publiques. Pendant que nous croyons qu’il ne se passe rien, il y a des choses qui se passent. Nous ne pouvons pas dire qu’un pays arrête de penser, « un pays pense toujours ». Le problème c’est comment introduire la pensée dans la politique ? Mais, bon, cela ne regarde pas nos Ateliers. Nous, nous donnons aux artistes la possibilité de s’exprimer et d’exprimer une certaine vision de l’Algérie.