Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ne prendra pas part à l’élection présidentielle. Pour son président, Mohcine Belabbas, l’urgence pour l’Algérie n’est pas dans l’élection d’un nouveau chef. Traçant un sombre bilan du pouvoir sur tous les plans, dénonçant « un échec dans le système de l’éducation, de la formation et d’une politique économique en panne de perspectives », le président du RCD a déclaré que « l’urgence pour le pays n’est pas de choisir entre reconduire un chef de l’Etat grabataire ou désigner un autre parrain en bonne santé pour gérer les équilibres claniques ou en créer d’autres à sa convenance ou à la convenance des plus forts ». Dans son allocution prononcée à l’ouverture de la session ordinaire du Conseil national du parti, Belabbas, rappelant la « fidélité » du RCD à ses principes, dira qu’il « ne cessera pas de redire une évidence et une exigence patriotique élémentaire : Le système de la cooptation et de la fraude n’est pas seulement le fossoyeur de la démocratie, il est le système de l’exclusion et de la division. Il porte, à, termes, les germes de l’instabilité et de la fitna ». Ainsi, le RCD, ajoute-t-il, « ne peut s’inscrire dans une démarche » qui, selon lui,« peut porter atteinte à l’unité de notre peuple ». « La compétition féroce entre les segments d’un même système ne doit pas déboucher sur le chaos », a mis en garde le président du RCD, soutenant que « l’Algérie a besoin d’un nouveau départ ».
Appelant les forces patriotiques à « refuser le statu quo et contraindre ce système à mettre sur la table une vraie discussion » qui met à l’ordre du jour un nouveau départ pour le pays, Mohcine Belabbas pense que le problème en Algérie « n’est pas de savoir quelle personne ou clan doit assurer la relève dans un système moribond ». Il s’agit, au contraire, « d’ouvrir l’avènement de la construction d’institutions qui rendent au peuple algérien sa souveraineté ». Partant du principe que le RCD est un parti démocratique, mais aussi un « Rassemblement de patriotes », il explique que « l’heure n’est pas à l’engagement dans une opération électorale viciée mais au rassemblement le plus large pour jeter les bases d’une refondation institutionnelle qui garantit la stabilité sociale, la défense de l’intérêt général et la libre compétition politique ».
Et la résolution politique, sanctionnant les travaux du Conseil national du RCD a confirmé la position de rejet vis-à-vis du scrutin présidentiel. En effet, le Conseil national du RCD a ainsi pris la décision de « rejeter cette énième opération de désignation d’un Chef de l’Etat », tout en mettant en garde contre « la tentation d’un règlement de comptes entre chapelles politiques par institutions interposées ».
Le Secrétariat national est chargé de « finaliser un appel en vue d’un rassemblement le plus large afin de mobiliser les citoyens et les forces vives du pays autour de l’impératif d’un nouveau départ». Ce nouveau départ, pour le RCD, doit restituer « la parole au peuple dans un Etat où la liberté, la sécurité, l’égalité en droits et l’égalité des chances ne relèvent plus d’un mythe ».
Dans sa résolution, le RCD fait état d’une « déliquescence institutionnelle et le délabrement social qui excluent toute mobilisation en faveur d’une refondation libérée, aussi bien, des considérations étroites des clans que des chapelles politiques qui ont mené le pays vers l’abîme », estimant qu’« aucune candidature, aucune personnalité, aucun parti seul n’est à même de pouvoir redresser la situation».
Pour le même parti, « la disqualification populaire du rendez-vous du 18 avril ne fait que consacrer les multiples violations de la Constitution, la fermeture sans précédent des espaces politiques et médiatiques et la répression permanente des libertés ».
Ainsi donc, le parti rejette toute participation à la présidentielle et ne compte soutenir aucun autre candidat parmi les prétendants à la magistrature suprême du pays. D’ailleurs, Ali Ghediri, dont certaines rumeurs voulaient faire croire qu’il était soutenu par le RCD, n’a pas échappé aux piques de son président.
« Les impostures d’agents fraîchement mis en avant pour instrumentaliser ou se faire prévaloir de sacrifices de nos ainés et de nombreux militants politiques démocratiques ne sont que des artifices servant de relance, sous une forme ou une autre, à un système politique inopérant et antipatriotique », a déclaré Mohcine Belabbas, dans une allusion on ne peut plus claire à l’ancien général major à la retraite.<