L’ONU a lancé, hier vendredi,  « l’Année internationale des langues autochtones » afin  « de préserver, revitaliser et promouvoir les langues indigènes » menacées de disparition. Il s’agit, d’après la présidente de son Assemblée générale et ex-ministre équatorienne, Maria Fernanda Espinosa, « de prendre des mesures urgentes aux niveaux national et international ».
La planète comprend « 370 millions de personnes indigènes » et leurs langues représentent « un trésor culturel collectif pour communiquer, partager des connaissances et promouvoir les spécificités culturelles, les coutumes et les valeurs locales », a indiqué Maria Fernanda Espinosa. « 2 680 langues autochtones sont en danger et 90% d’entre elles pourraient disparaître d’ici la fin du siècle si elles ne sont pas protégées », a-t-elle mis en garde.
Pour éviter cela, « nous avons besoin d’une collaboration plus forte avec les populations » concernées et « je suis ravie que les Etats membres » des Nations unies soient prêts « à élaborer des politiques et des programmes » soutenus par un effort financier afin de « préserver et promouvoir les langues autochtones », a-t-elle poursuivi. « Le rôle de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) est extrêmement important », juge aussi la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies. « Nous devons encourager toutes les organisations non gouvernementales et les organismes intergouvernementaux à développer des outils normatifs pour protéger les langues ».
L’Année internationale des langues autochtones, consacrée aux langues historiquement marginalisées des peuples du cercle polaire à la péninsule arabique, de l’Australie à l’Asie de l’Est et à l’Amérique centrale, a été lancée par l’Unesco le 28 janvier dernier. L’événement de lancement de l’Année a reçu le soutien de la Bolivie, du Canada, de l’Estonie, du Japon, de la Fédération de Russie et de l’Arabie saoudite, en coopération avec d’autres partenaires.
« Les langues autochtones constituent la majorité des quelque 7 000 langues recensées dans le monde et, comme toutes les langues, elles sont dépositaires et vecteurs de culture, de savoir, de valeurs et d’identité, dont la perte représente un appauvrissement pour l’humanité tout entière et une perte tragique de pouvoir pour les communautés qui ne peuvent transmettre leur langue maternelle à leurs enfants », lit-on dans un communiqué de l’Unesco.