Les vaccins pour protéger le cheptel ovin et caprin de la maladie de la peste du petit ruminant (PPR) ont enfin été réceptionnés. L’Institut national de la médecine vétérinaire (INMV) a reçu en effet, jeudi dernier, 5 millions de doses et l’opération de distribution à la charge des inspections vétérinaires de wilaya a débuté hier.

Les services vétérinaires auprès du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche (Madrp) ont indiqué que d’autres arrivages de vaccins sont attendus dans les prochaines semaines, car il s’agit de vacciner pas moins de 20 millions de têtes d’ovins dans un délai très court au vu de la situation d’urgence. C’est une bonne nouvelle pour les éleveurs plongés dans le désarroi depuis l’apparition de l’épizootie en décembre 2018. Ils n’ont, d’ailleurs, eu de cesse de monter au créneau car les vaccins, comme promis par le premier responsable du secteur, devaient être disponible durant la troisième semaine de janvier. Cela étant, malgré l’arrivage de 5 millions de doses de vaccins, de nombreux éleveurs vont encore devoir patienter pour voir enfin leur cheptel vacciné, compte tenu que les stocks actuels sont insuffisants par rapport nombre du cheptel ovin concerné. Le mode opératoire pour la campagne de vaccination, aussi rapide soit-il, peut paraître, aux yeux des éleveurs, très long car pressés qu’ils sont de figurer parmi les premiers à accueillir les équipes vétérinaires dans leurs bergerie.
Notons que la tutelle ne dit mot dans le communiqué, rendu public jeudi dernier, sur le mode opératoire qu’elle compte mettre en place. Sinon qu’elle «a procédé à la mobilisation de tous les moyens matériels et humains au niveau central et local à l’effet d’entamer l’opération de vaccination immédiatement dès réception des vaccins». Pourtant, de nombreux vétérinaires recommandent que le mode opératoire repose «sur la vaccination autour des foyers et dans les zones à risque», car, selon eux, cet environnement constitue la base de la lutte contre cette maladie. Toujours à propos du communiqué du ministère, il n’est nullement indiqué de date de réception d’autres lots de vaccins nécessaires à la campagne nationale de vaccination, si ce n’est que «les autres quantités seront réceptionnées très prochainement». Une affirmation qui pourrait susciter une très vive inquiétude chez les éleveurs n’ayant pas bénéficié du premier arrivage de vaccins. A propos du retard enregistré, un vétérinaire exerçant dans la Fonction publique l’explique par le fait que les procédures d’appels d’offres ont pris du temps. Mais toujours est-il que pendant ce temps, l’épidémie s’est propagée de manière inquiétante et les éleveurs ne savaient plus à quel saint se vouer. Au point où au sein de la corporation des éleveurs d’ovins un vent de panique s’est installé. Cela pourrait s’atténuer quelque peu depuis l’annonce de l’arrivage des vaccins. Mais il risque de reprendre si d’autres retards sont enregistrés. Un scénario à redouter, le cheptel étant toujours menacé de la peste du petit ruminant, car contagieuse et surtout transfrontalière.
En témoigne le nombre de décès d’ovins recensés depuis l’apparition de l’épizootie en décembre 2018. Selon le Madrp, 3 500 bêtes ont péri et peut-être bien plus si l’on en croit les déclarations à ce sujet des membres de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins. On comprend donc toute l’impatience des éleveurs à voir leur cheptel vacciné au plus vite.