Le Rassemblement national démocratique (RND) appelle le président de la République à se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Son secrétaire général, Ahmed Ouyahia, n’a pas manqué l’occasion de la session ordinaire du Conseil national du RND pour expliquer la fidélité du parti au chef de l’Etat. Par ailleurs, il n’a pas ménagé ses critiques, envers des postulants à la magistrature suprême. Sans les nommer. L’allusion y était dans les propos d’Ouyahia.

« Le conseil national réitère l’appel de tous les militants du parti au moudjahid Abdelaziz Bouteflika à annoncer sa candidature à l’élection présidentielle du 18 avril prochain, de sorte que l’Algérie poursuive sa construction nationale dans l’unité et la stabilité », annonçait le parti à la fin des travaux de son conseil national réuni jeudi et vendredi à Zéralda en session ordinaire. Le parti d’Ahmed Ouyahia appelle ainsi le premier magistrat du pays à se porter candidat pour succéder à lui-même au nom de la « continuité». Suite à cette décision, le bureau national, sous la direction du secrétaire général, est chargé « de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la réalisation de cet objectif ». Ahmed Ouyahia a défendu, dans son discours liminaire à l’ouverture des travaux du conseil national, la constance de la position du parti. «Le RND, qui s’est engagé avec constante depuis 1999 au côté du président de la République, est convaincu que sa réélection sera un gage de continuité et de stabilité nationales, face aux nombreux défis qui interpellent encore l’Algérie », a d’emblée soutenu M. Ouyahia. Le pays « vit dans la stabilité et la paix après 14 ans de réconciliation nationale, laquelle paix que nous devons au président Bouteflika à travers la réconciliation nationale et les sacrifices des éléments de l’ANP et des services de sécurité », a lancé Ouyahia sous les applaudissements de l’assistance. L’amélioration de la situation sociale est aussi un attribut du bilan du président, a noté le secrétaire général du parti pour qui il est question d’une  « stabilisation de l’inflation au bénéfice du pouvoir d’achat, et grâce aux nombreuses réalisations socioculturelles dont la plus spectaculaire aura été la livraison massive de logements qui se poursuit ». La croissance économique « a été au rendez-vous alors que les investissements se multiplient partout à travers le pays », a relevé Ouyahia, avant de faire observer que « le pays a fait face cinq années durant à de fortes tensions financières sans connaître le blocage de son processus de développement ». Le Premier responsable du RND a noté, dans ce sens, que « les exportations hors hydrocarbures se renforcent dans plusieurs créneaux, ce qui est un signe de continuité réussie et ce qui est aussi un indicateur d’avenir prometteur ». Il n’a pas manqué, dans la foulée, de critiquer certains candidats à la présidentielle, mais sans toutefois les nommer, se contentant de l’arme allusive. « Pour certains, l’avenir est dans le changement pour le changement. Pour nous, au RND, l’avenir est dans la continuité au service des résultats. Voilà pourquoi nous attendons avec une forte espérance l’annonce de la candidature du Président pour l’élection du mois d’avril prochain ».

Elections sénatoriales : Ouyahia condamne « les dérives »
En plus des thèmes à la présidentielle du printemps prochain, les dernières élections pour le renouvellement partiel des membres élus du Conseil de la Nation ont pris une place importante dans l’allocution d’Ahmed Ouyahia, compte tenu notamment des résultats négatifs obtenus par son parti lors de cette consultation nettement dominée par le FLN.
« Notre Rassemblement sort de cette épreuve avec un goût amer et un sentiment d’indignation », a lancé Ouyahia sur un ton des plus sérieux. Il a enchaîné pour noter que « l’amertume et l’indignation ne sont pas la conséquence de nos résultats à cette épreuve électorale. Ces sentiments découlent des dépassements enregistrés dans plusieurs wilayas et de la violence condamnable utilisée au niveau de certaines wilayas ». Aussi et tout en condamnant
« ces dérives qui n’ont servi ni la démocratie ni l’Etat de droit », Ouyahia note que « les dérives que nous venons de vivre ne nous détourneront pas de notre engagement au service du pays et aux côtés du président de la République ». De même que lors de la lecture des résolutions du conseil national, il a été décidé de la suspension de certains de ses membres « à la suite de leur manquement flagrant à la solidarité militante lors des récentes élections au Conseil de la Nation ». Tout comme, il charge la commission de discipline nationale de traiter leurs dossiers. En outre, le conseil national s’est dit satisfait de la composition de l’Académie algérienne de la langue amazighe
« dont la mise en place permettra d’assurer l’harmonisation et le développement de cette langue nationale et officielle, sur des bases scientifiques au service de l’unité de la Nation ».