La zone de turbulence qu’a traversée la sphère du Monde arabe a nettement impacté les relations économiques algéro-égyptiennes, les échanges commerciaux ont péniblement atteint les 500 millions de dollars en 2018 au lieu du milliard avant 2009, a indiqué l’ambassadeur d’Egypte Aymen Moushirafa, lors de son déplacement le week-end dernier chez Condor. L’ambassadeur n’a pas caché son admiration de la qualité des produits du label Condor, électroniques et électroménagers, mais aussi des produits agroalimentaires «qui n’ont rien à envier à ceux produits en Europe», estime-t-il. «Certes, les échanges commerciaux ne reflètent nullement les traditionnelles relations entre les deux pays, mais nous envisageons de les relancer au fur et à mesure, d’abord par l’importation des produits Condor vers le pays des 100 millions de consommateurs. J’ai rencontré le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et nous avons dressé ensemble un nouveau schéma de coopération dans différents domaines, en encourageant les investisseurs égyptiens à venir s’installer en Algérie et vice versa», souligne-t-il. Pour expliquer le ralentissement des échanges commerciaux le diplomate revient sur la période de troubles qu’a vécue son pays, ainsi que «la fermeture des frontières terrestres avec la Libye et l’absence d’une ligne maritime» qui «ont lourdement pénalisé nos activités commerciales avec les pays voisins des deux rives de la Méditerranée». Au volet tourisme, la principale source de devises de l’Egypte, M. Moushirafa indique «qu’en 2018 son pays a délivré quelque 41 000 visas à des Algériens» qui «prennent d’assaut et découvrent leur nouvelle destination touristique Charm Cheikh». De son côté, le P-dg de Condor, Abdelmalek Benhamadi, indique qu’à partir de 2019 son entreprise table sur 10 millions de dollars d’exportation vers ce pays. «En signe de bonne volonté, nous employons plusieurs cadres égyptiens de haut niveau dans nos unités de production qui contribuent amplement au rayonnement de nos produits. Parallèlement, pour améliorer notre productivité, nous avons envoyé une dizaine de cadres à la Sorbonne pour y être», dira-t-il. Il poursuivra : «L’Egypte est un grand pays qui tente de redessiner son architecture économique en diversifiant ses exportations, et ce, grâce à ses compétences en matière de cerveaux formés dans les universités les plus prestigieuses du monde. Et nous essayons, suivant une feuille de route du gouvernement, de tirer profit de ses compétences pour gagner le marché égyptien et pouvoir, ensuite, nous frayer un chemin vers un immense marché d’un milliard de consommateurs dans la région», conclut-il.