L’Intersyndicale de l’Education nationale a décidé, à l’issue d’une réunion tenue jeudi dernier à Alger, de ne pas signer le projet de P-V commun, comportant les importantes préoccupations du personnel du secteur, examinées avec le ministère de tutelle en janvier dernier.
Et pour cause. Des «modifications» ont été apportées aux déclarations faites par les deux parties lors de leurs rencontres, justifie le porte-parole de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), Abdelouahad Zegar. «En décortiquant le P-V qui nous a été adressé, on avait l’impression que ceux qui l’ont rédigé n’ont pas assisté aux réunions», s’exclame-t-il. M. Zegar cite, sur ce registre, l’exemple du statut particulier qui, dira-t-il, «devait être pris en charge dans les plus brefs délais». Or, s’étonne-t-il, dans le P-V, «il est mentionné que ce problème sera soulevé au ministère des Finances durant le premier semestre de l’année en cours». Ce P-V «est loin de refléter l’authenticité de ce qui était convenu», poursuit le porte-parole de l’Unpef, insistant sur les «anomalies» qu’il contiendrait. De son côté, Nabil Ferguenis, militant du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), se félicite que le ministère accepte de signer des P-V au lendemain de chaque réunion, mais, réclame-t-il, «il faudrait que le texte signé reflète ce qui a été réellement dit». «Il est judicieux que les P-V rédigés soient conformes et fidèles à ce qui a été abordé lors des réunions.
On refuse des P-V auxquels ont été apportés des amendements à l’insu du partenaire social», explique M. Ferguenis. Les syndicats de l’Education s’apprêtent à se réunir, lundi et mercredi prochains, avec la tutelle au siège du ministère. La première réunion portera sur le dossier de la gestion des œuvres sociales et, deux jours après, celle consacrée au dossier du statut particulier des travailleurs du corps commun de l’Education. Face aux «dysfonctionnements» qu’ils disent avoir relevés dans le secteur, ces syndicats appellent la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit à appliquer les décisions de la commission ad hoc composée du ministère et ses partenaires sociaux. Au terme de concertations, qui ont duré de 2015 à mai 2018, cette commission avait, pour rappel, arrêté un nouveau statut particulier pour les travailleurs du secteur. «On demande à ce que le nouveau statut particulier soit appliqué dans l’immédiat», soutient M. Zegar. Concernant la gestion de la commission des œuvres sociales, les syndicats autonomes demandent le gel de la «commission des œuvres sociales et l’organisation d’un vote sur son mode de gestion, centralisé ou décentralisé.
«Mise en place en 2015, cette commission a vu son mandat s’achever en juillet dernier, sans qu’elle ne présente de bilan moral et financier de ses activités», indique Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Il demande de définir un mode de gestion après un vote. Une option «rejetée catégoriquement» par la tutelle, regrette notre interlocuteur. «Le ministère a refusé qu’on aille vers un vote, et donc le CLA a décidé de boycotter la réunion relative à ce dossier et d’assister uniquement à celle portant sur le statut particulier», précise M. Achour.