Le Maroc et le Sahara occidental se dirigent vers un deuxième round de négociations, dans quelques mois, sous les auspices des Nations unies.

A l’issue des consultations tenues mardi dernier à huis clos au Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a indiqué qu’il compte rencontrer, au cours du mois de février, les deux parties en conflit, ainsi que la Mauritanie et l’Algérie en tant que pays voisins et observateurs, pour convoquer ensuite les délégations des quatre pays pour une nouvelle table ronde de négociations au mois de mars prochain.
Köhler, de l’avis de Mohamed Cheikh, chargé d’affaires à l’ambassade sahraouie, a fait un «excellent travail» depuis sa nomination comme émissaire onusien pour le Sahara occidental. «On va aller avec la même ferveur et volonté aux prochains pourparlers», a ajouté M. Cheikh. Pour sa part, l’ambassadeur du Sahara occidental à Alger, Abdelkader Taleb Omar, souhaite passer au «concret», en allant «directement vers un référendum d’autodétermination». «On souhaite qu’il y ait une évolution et un dynamisme dans la question sahraouie», dira le diplomate sahraoui. Le Front Polisario s’est d’ailleurs félicité de la première série des pourparlers de paix tenue à Genève qui a «clairement montré» que le statu quo était «insoutenable et constituait un obstacle à la paix». C’est à ce titre que la partie sahraouie exhorte le Conseil de sécurité à «mettre à profit la dynamique actuelle en prenant des mesures concrètes pour garantir le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination», tel que prévu par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU. De l’avis des Sahraouis, «si ce processus doit aboutir, il est essentiel que les membres du Conseil agissent dans l’intérêt de la paix et du droit international en prenant des mesures qui maximiseront les chances de parvenir à une solution négociée entre le Front Polisario et le Maroc».
Les Sahraouis se disent «contents» du soutien de l’administration américaine à la cause sahraouie, notamment en ce qui concerne sa contribution à la réduction du mandat de la mission onusienne pour la préservation de paix (Minurso) de six mois, pour presser les parties à aller vers une solution concrète. S’agissant de l’Union européenne, le front Polisario exhorte les membres de cette organisation à repenser leur approche et à soutenir le processus de paix des Nations unies au Sahara occidental en utilisant le commerce comme incitatif positif à un accord de paix juste et durable. Le Front reproche notamment à l’UE de soutenir Rabat, en faisant fi des arrêts de justice de la Cour de justice de l’UE. «L’UE ne fait que soutenir le statu quo», regrette l’ambassadeur sahraoui.
Le ministre des Affaires étrangères, M. Abdelkader Messahel, s’est entretenu mardi à Washington avec le sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires politiques, David Hale. L’entretien a porté essentiellement sur la situation au Sahara occidental.
A ce titre, le chef de la diplomatie algérienne a réitéré la position de l’Algérie soutenant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Il a également réitéré le soutien de l’Algérie aux efforts des Nations unies et de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Horst Köhler. Les deux parties ont également abordé d’autres questions d’intérêt commun, dont la situation dans la région et les défis sécuritaires auxquels elle fait face.<