Le pays semble avoir modifié l’ordre des priorités établies dans son plan national d’énergies renouvelables mis au point en février 2011, révisé en mai 2015, mettant plus particulièrement l’accent sur le développement du solaire PV et de l’éolien.

Le plan prévoyait un objectif sur le long terme de 22 GW (27% de la production électrique totale et 37% de la capacité totale installée) à atteindre d’ici 2030. Il prévoyait également des projets de renouvelable dont l’objectif immédiat était de produire 4500 mégawatts d’ici 2020 pour le marché local. Le quantitatif a été cependant revu à la baisse, puisque qu’il n’est question aujourd’hui que de 2 000 mégawatts à atteindre avant la fin de 2020, selon l’agence Reuters, citant des sources du ministère de l’Energie.
L’agence ajoute que l’Algérie envisage de lancer, cette année, plusieurs appels d’offres dans les énergies renouvelables dont l’objectif est de répondre à la demande croissante d’électricité et d’économiser le gaz destiné à l’exportation. Selon un responsable du ministère cité par la même source, l’Algérie espère construire des centrales solaires capables de produire 22 000 mégawatts (MW), soit 27% de ses besoins en électricité, d’ici 2030, contre environ 350 mégawatts aujourd’hui. Le même responsable a fait savoir que le pays invitera bientôt des entreprises nationales et étrangères à mettre en place une centrale solaire d’une capacité de 150 mégawatts. Selon Reuters, l’augmentation de la demande en électricité a été en moyenne de 6,91% par an au cours des dernières années, et l’Algérie utilise actuellement le gaz pour générer 98% de sa production d’électricité, soit 19 000 mégawatts. La même source a souligné que l’augmentation ou le maintien du niveau des exportations de gaz et de pétrole est une priorité absolue pour le pays, les deux produits énergétiques représentant 60% du budget et 94% du total des exportations La compagnie Sonatrach a déjà signé un protocole d’accords avec l’Italien ENI pour la construction de centrales solaires, a rappelé Reuters.
Il y a évidemment nécessité aujourd’hui de trouver d’autres solutions pour couvrir la demande nationale grandissante sur le gaz naturel et d’éviter que le pays ne se trouve dans une situation d’incapacité d’exportation, et par conséquent, perdre des recettes en devises.
Actuellement, la production nationale s’élève à 130 milliards de mètres cubes, dont 50 milliards de mètres cubes destinés à la consommation locale, 50 milliards de mètres cubes à l’exportation et 30 milliards mètres cubes réinjectés dans les puits pour maintenir leurs activités. Et si le pays ne trouve pas rapidement d’autres solutions pour couvrir la demande nationale, en hausse constante, il ne sera pas en mesure à l’avenir d’exporter du gaz, la totalité de sa production sera siphonnée par le marché domestique. La couverture de la demande nationale est passée de 32% en 2000 à 62% à présent, dont 40% en propane. Le taux de couverture en électricité est de 99%, et la production dépend du gaz également.
Pour de nombreux experts si l’Algérie veut consolider sa position de 3e exportateur de gaz vers l’Europe, il faut qu’elle le fasse aujourd’hui, en économisant plus de gaz et en accélérant la cadence de production, car le contexte est tendu, avec un marché européen sous-tendu actuellement par une directive foncièrement libérale, qui gagne en concurrence et en multiplicité de fournisseurs de gaz.
Cette mutation, l’Algérie en arrivera-t-elle à s’en accommoder, à s’y adapter ? Le défi est énorme. Le pays doit ainsi faire face à un environnement concurrentiel fait de nouveaux arrivants sur le marché gazier européen, mais surtout à un ancien pays gazier, la Russie en l’occurrence. Grosse machine gazière, la fédération de Russie investit en masse sur le Vieux continent, étend ses réseaux de distributions gaziers, et mène une politique soutenue à l’international.<