Les services de sécurité ont empêché, hier, les membres de la direction nationale de la coordination nationale des militaires en retraite, des blessés, radiés et ayants droit de tenir  le sit-in prévu devant le siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), et ce, pour dénoncer les propos tenus par le président de cette institution Mouad Bouchareb les qualifiant d’«ingrats» à l’égard de la République.

Parmi les personnes arrêtées et conduites aux commissariats de police, le premier responsable de la coordination Merouane Bessafa. Les bousculades entre les forces de l’ordre et les représentants des anciens militaires ont fait plusieurs blessés parmi ces derniers, indique un communiqué de la coordination, qui estime le nombre total des personnes arrêtées à 40. En plus de dénoncer l’attitude du président de l’APN, les protestataires veulent à travers leur action réaffirmer leur attachement à leur plateforme de revendications qui comprend 36 points. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le chargé de communication de la coordination a appelé tous les anciens militaires à la mobilisation et à se préparer à une action d’envergure pour demander la libération de leurs camarades arrêtés à Alger. La nature des actions à tenir n’a pas été révélée par le chargé de la communication, mais d’autres anciens militaires annoncent déjà la mobilisation pour tenir un rassemblement à Alger au cours des prochaines heures.
S’exprimant sur le sujet, le député du parti FJD Hassan Aribi a dénoncé, dans un communiqué, le traitement rude du sit-in des anciens militaires. Il a également appelé le Premier ministre Ahmed Ouyahia à prendre en charge les doléances « légitimes » de cette catégorie sociale.
Pour rappel, Merouane Bessafa a annoncé, la semaine dernière, la reprise de la protestation. Il a affirmé qu’aucune avancée n’est à signaler dans la prise en charge des revendications des anciens militaires. Les anciens militaires revendiquent, entre autres, la révision à la hausse de la pension en retraite des anciens militaires et des ayants droit, la réservation de quotas de logements sociaux à cette même catégorie, la prise en charge médicale de qualité de tous les anciens militaires blessés ou souffrant de maladies, l’octroi de licences de taxi pour les anciens militaires et les ayants droit. Ils demandent également l’arrêt des poursuites judiciaires contre les anciens militaires en raison de leur engagement militant. Notons que le chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd Salah a déclaré à plusieurs reprises que les doléances des anciens militaires et leurs familles ont été prises en charge par les services du ministère de la Défense nationale. Pour lui, rien ne justifie le recours à la rue par les anciens militaires. n