La peste des petits ruminants continue de progresser et la situation ne cesse d’« empirer » cher les éleveurs, emportant des dizaines de têtes de bétail depuis deux mois, a indiqué hier à Reporters le porte-parole de la Fédération des éleveurs d’ovins, Bouzid Salmi.

Ces derniers sont « très préoccupés », alors que les lots de vaccins, promis par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, tardent à arriver, a ajouté notre interlocuteur.
Avant de rappeler que ces lots ont été annoncés pour cette fin janvier. « Le ministère nous a promis d’acquérir de grandes quantités de vaccins afin de les mettre à la disposition des éleveurs en vue de contenir la propagation de l’épidémie », dira M. Salmi.
En effet, la semaine dernière, le premier responsable du secteur, Abdelkader Bouazghi, avait annoncé la réception du premier lot de vaccins contre la peste des petits ruminants et la fièvre aphteuse pour, au plus tard, le début de la semaine en cours, promettant de les distribuer aux éleveurs rapidement dès leur réception.
« C’est la première fois que la peste des petits ruminants est déclarée en Algérie. Et face à l’indisponibilité du vaccin, les éleveurs redoutent que l’épidémie ne se propage et décime leur cheptel », explique le porte-parole de la Fédération des éleveurs d’ovins. Concernant l’impact que pourrait avoir l’épidémie sur le sacrifice des moutons durant l’Aïd El Adha, aussi bien en termes de contagion que de prix, M. Salim tiendra à dissiper tout risque dans ce sens.
« Non, il ne devrait pas y avoir de risque sur les bêtes pour l’Aïd El Adha. Nous sommes d’ailleurs en train de préparer jusqu’à 4 millions de têtes pour cette fête », rassure-t-il, ajoutant qu’il n’y aura pas non plus d’impact sur les prix de la viande.
Pour rappel, l’Algérie dispose d’un cheptel estimé à 30 millions de têtes qui se concentre uniquement dans les régions pastorales et steppiques. Le ministère a distribué, pour le compte de la première campagne de vaccination, deux millions de doses qui sont loin de satisfaire les besoins des éleveurs touchés. L’épidémie de la peste des petits ruminants étant classée  « catastrophe naturelle », l’ensemble des éleveurs touchés sont indemnisés par l’Etat conformément au barème arrêté dans ce sens par le ministère de l’Agriculture, soit 30 000 DA pour le bélier ou la brebis, 20 000 DA pour le caprin, 10 000 pour la chèvre et
4 000 DA pour le chevreau.