Ce n’est pas la tempête de février 2012. Mais les chutes de neige ont quand même affecté plusieurs communes de la wilaya de Constantine.

«C’est vrai qu’il y a eu quelques cités de Constantine ville qui ont souffert plus que d’autres. Mais le rétablissement de l’énergie électrique ne dépend pas uniquement du bon vouloir de nos agents. Il y a aussi l’humidité très forte qui se forme dans les transformateurs, en plus de la condensation, qui vont affecter plusieurs pièces, notamment électrique et électronique. Dans ce cas, et les exemples sont nombreux, il faut attendre que cela sèche, d’où la lenteur du rétablissement de l’électricité pour certains quartiers», selon Kharchouche Mohamed, Directeur de la direction de distribution de Constantine, une des nombreuses DD, pour reprendre le jargon de Sonelgaz, de la SDC.
Les pannes qui ont accompagné les intempéries de jeudi dernier ont, en effet, abouti à des pannes d’électricité et de gaz, et M. Kharchouche, dans une conférence de presse au siège de l’entreprise, n’a pas été avare en explications concernant l’épisode neigeux.
« Les endroits qui ont été sans énergie électrique pendant presque 48 heures étaient El Kef Lakehal, Benchergui, Tafrent et El Menia. Les difficultés qu’on a rencontrées vous ont été communiquées, en plus des fermetures des routes par la neige, en certains endroits », ajoutera notre interlocuteur.
Nous saurons aussi qu’il y a eu 170 pannes globales enregistrées, en plus de 101 autres individuelles, ceci pour l’électricité contre 144 pour le gaz. Bien sûr, l’entreprise a enregistré des pertes entre la chute d’un câble au poste source de Mansourah, les retombées
sur les postes transformateurs, la mobilisation des sous-traitants en plus de 40 agents de la DD de Constantine, 25 véhicules, et la perte de l’énergie électrique qui n’a pas été consommée.
Les agressions contre les réseaux de la SDC à Constantine restent, encore, assez importantes puisque le réseau électrique a été mis à rude épreuve 326 fois et celui du gaz à 286 reprises. Des agressions qui grèveront sérieusement la cagnotte de la Direction de Constantine et viendront s’ajouter aux nombreuses créances.
Les APC, ces mauvais payeurs
Nous ne saurons répondre à une invitation de la SDC sans converser des créances de la société, une véritable plaie ouverte dans la gestion financière des sociétés de distribution. Malgré des ressources immenses mises à la disposition des agences de Constantine, où des autres réparties sur le territoire national, la triche semble devenir un sport national tant les sommes à recouvrer augmentent d’année en année.
C’est ainsi qu’à Constantine, les montants à récupérer auprès des clients de la basse tension s’élèvent à 40 milliards de centimes, tandis que ceux de la tension moyenne totalisent un manque à gagner pour la DD de 18 milliards. Le funeste décompte ne s’arrête pas là puisqu’il faut ajouter 30 autres milliards pour les administrations ou services étatiques comme les hôpitaux, la Seaco, ou encore les APC. Ces dernières, et malgré un assainissement régulier des créances, sont encore dans le registre des « gros mauvais payeurs ». L’APC de Constantine devrait s’acquitter de 14 milliards de centimes, même montant pour celle de Khroub, 900 millions pour Ouled Rahmoune, 850 pour Benbadis, et 800 pour Aïn S’mara.
Le compte n’est pas encore clôturé, car 43 milliards manquent encore à la cagnotte de la Direction de Constantine qu’il faudrait aller récupérer chez les banques, les assurances, bref, chez les entreprises de service. Tout cela pour aboutir au chiffre astronomique d’une créance de la Direction de Constantine qui atteint les 132 milliards de centimes. « Le compte n’est pas bon, nous dira encore M. Kharchouche, il faut ajouter 11 autres milliards impayés concernant les travaux ».
Donc 143 milliards de centimes sont, théoriquement, la « propriété » de l’entreprise, mais ne sont pas enregistrés sur son actif.
Constantine, pour cela, a instruit plus de 500 dossiers des clients mauvais payeurs qui se retrouveront devant la justice.
La SDC, en général, et la Direction de Constantine, en particulier, et malgré ces immenses créances qui ne veulent pas tomber dans leurs comptes, ne lésine pas sur les efforts consentis en faveur des campagnes de sensibilisation contre les risques liés à la mauvaise utilisation du gaz naturel. Mme Bouhouche Ouahiba, chargé de la communication et véritable cheville ouvrière de ces campagnes, devient soudainement triste quand il lui faut communiquer sur les incidents, surtout ceux fatals. « Le mois de janvier n’est pas achevé et, déjà, nous avons enregistré 29 incidents qui ont impliqué 64 personnes, avec 2 décès, malheureusement. » La Protection civile, de son côté, nous communiquera le chiffre de 3 personnes décédées. « Pour l’année 2018, 10 personnes ont perdu la vie suite à une mauvaise manipulation de l’énergie gazière », ajoutera-t-elle. Mais cela n’entamera en rien la détermination de Mme Bouhouche et de ses troupes qui se préparent déjà pour une énième opération de sensibilisation de porte-à-porte. n