« L’université algérienne et les pratiques inclusives. De la réalité aux perspectives », est le thème d’une conférence internationale organisée, avant-hier, par la Faculté des lettres et des langues de Béjaïa, en collaboration avec la Cellule d’accompagnement, de sensibilisation, d’appui et de médiation (Casam). Selon le doyen de la Faculté organisatrice, Mourad Bektache, cette manifestation scientifique a suscité un grand intérêt au sein de la communauté universitaire au vu du nombre important de communications enregistrées par le comité d’organisation. « Nous avons reçu une kyrielle de communications, mais nous n’avons retenu que les plus pertinentes et celles en rapport avec la thématique du colloque », a-t-il expliqué. Outre les deux conférences en plénière, animées respectivement par le Pr Ramel Serge, de la Haute école pédagogique Vaud (Lausanne) et qui codirige le laboratoire international sur l’inclusion scolaire (LISIS), et le Pr Thaumazet Serge, de l’université Clermont-Auvergne et du laboratoire ACTE, les participants à cette rencontre internationale se sont scindés en groupes pour rejoindre les cinq ateliers prévus. Il est à noter que les séminaristes sont en majorité des enseignants-chercheurs, des cadres de l’éducation, de la formation professionnelle et des directions concernées ainsi que des animateurs associatifs activant dans le domaine caritatif. Le Pr Ramel a axé sa communication sur les « enjeux formels, non formels et informels autour de l’éducation inclusive », affirmant que de nombreux pays avaient fini par adapter, conformément aux recommandations de l’Unesco, de l’ONU, leurs politiques en amenant les différents acteurs scolaires à interroger leurs représentations des missions de l’école et de leur rôle au sein de celle-ci. Le conférencier notera « avec plaisir l’implication de l’université de Béjaïa dans la politique visant l’intégration dans l’école ordinaire, des élèves en situation de handicap ». L’orateur développera, à ce titre, une approche basée essentiellement sur la formation initiale qui devrait « amener les futurs enseignants à développer des attitudes ouvertes envers les élèves en situation de handicap ou ayant des besoins éducatifs particuliers ».
De son côté, le Pr Thomazet a donné une communication autour du thème « Construire une école inclusive : défis et leviers ». Il relèvera dans son exposé que « de nombreux élèves avaient le statut de personnes handicapées sans pour autant vivre une scolarité différente de celle de leurs camarades normaux », citant, à titre d’exemple, le cas des enfants trisomiques qui ont réussi dans leurs études. C’est dans cette optique que ce chercheur universitaire a plaidé pour « l’égalité des chances » pour tout le monde, en insistant sur la nécessité d’offrir l’ensemble des moyens devant permettre une meilleure accessibilité aux élèves présentant un handicap.
C. A. M.