Le président de l’Autorité palestinienne a reçu hier mardi la démission de son gouvernement, selon l’agence officielle Wafa. Le cabinet continuera à «assumer toutes ses responsabilités jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé», a rapporté l’agence de presse, citant un communiqué du conseil des ministres réuni à Ramallah, en Cisjordanie occupée. Cette durée est indéterminée. La démission était attendue. Le Premier ministre Rami Hamdallah avait déclaré avant-hier lundi mettre son gouvernement «à la disposition du président» de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas qui s’emploie à former une nouvelle coalition. Cet effort est largement considéré par les analystes comme un moyen supplémentaire d’isoler ses rivaux islamistes du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007. Tous les efforts pour mettre fin à une décennie de différends dévastateurs entre le Fatah et le Hamas ont échoué. Le gouvernement Hamdallah est le vestige du cabinet de personnalités indépendantes que le Fatah et le Hamas s’étaient entendus pour créer en 2014, avant que cette entreprise de raccommodement ne vole en éclats. Dimanche dernier, le comité central du Fatah a recommandé la formation d’un nouveau gouvernement formé de membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), entité reconnue internationalement comme représentant les Palestiniens des Territoires et de la diaspora. Pour un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, un gouvernement formé en dehors d’un consensus national serait «dépourvu de toute légitimité». Il s’inscrira dans la ligne des «agissements unilatéraux du Fatah», a-t-il tweeté lundi. M. Abbas a pris ces dernières années une série de mesures de rétorsion pour tenter, en vain, de forcer le Hamas à remettre les rênes du pouvoir à l’Autorité palestinienne à Gaza. L’Autorité s’inquiète d’être mise à l’écart en voyant des acteurs internationaux, face à l’acuité de la situation à Gaza, traiter avec le Hamas. Elle s’alarme également de la disjonction grandissante entre la Cisjordanie et Gaza et du risque que cet éloignement fait peser sur la création déjà improbable en raison de la politique d’usure israélienne d’un Etat palestinien comprenant les deux territoires.n