La séance d’installation des nouveaux membres du Conseil de la nation aura lieu demain à la Chambre haute du Parlement. L’administration du Sénat a adressé les invitations aux sénateurs pour ce mardi 29 janvier, apprend-on de sources fiables qui précisent que la cérémonie est fixée à 9h30.

Prévue initialement le 15 janvier dernier, cette séance a fini par être reportée sans que les raisons du changement de dernière minute soient avancées. Depuis, c’est la confusion totale. Ce qui devait être, en effet, une simple procédure suivant le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation est devenue, en l’espace de quelques jours, un sujet polémique déclenché par un report subit sans motif. De multiples raisons ont alors été avancées ici et là et dont les plus en vue tournaient autour de la liste du tiers présidentiel qui n’aurait pas été finalisée, ou la reconduction d’Abdelkader Bensalah ou encore l’élection d’un nouveau président de Sénat non tranchée. Quoi qu’il en soit, la programmation de la séance d’installation des nouveaux sénateurs est un indice que tout est enfin prêt. L’on s’attend donc à ce que la liste du tiers présidentiel soit connue et rendue publique par le président Abdelaziz Bouteflika dans les prochaines heures. A moins qu’il maintienne le suspense jusqu’au jour de l’installation. Aussi, le brouillard autour de l’avenir de Abdelkader Bensalah qui, selon certaines indiscrétions, souffrait de problèmes de santé, devrait se dissiper définitivement. Demain, les sénateurs vont soit renouveler la confiance à Bensalah et prolonger son règne sur le Sénat, qui dure depuis 2002, soit élire un nouveau président parmi la majorité. Sur ce, le Front de libération nationale (FLN), qui a récupéré, à l’occasion des élections sénatoriales du 29 décembre 2018, la majorité des sièges, aux dépends de son frère ennemi le Rassemblement national démocratique (RND), espère « légitimement » placer un de ses sénateurs au perchoir du Sénat. Surtout qu’il s’agit d’un poste clé, car la Loi fondamentale dispose dans son article 102 qu’en cas de vacance de la présidence de la République, c’est le président du Conseil de la nation qui assure l’intérim pendant 90 jours, le temps d’organiser une élection présidentielle. Mais, quel que soit le choix du chef de l’Etat, le FLN ne devrait en aucun cas s’y opposer.
D’ailleurs, des observateurs soutiennent que Bensalah pourrait bien garder son poste. Le fait qu’il soit chargé par le chef de l’Etat pour le représenter le 20 janvier dernier au 4e Sommet arabe du développement économique et social, qui s’est tenu à Beyrouth, était un signe de renouvellement de confiance. Pour d’autres c’était à cause de son état de santé que la séance du 15 janvier avait été reportée, le Président Bouteflika choisirait un autre numéro 2 dans la hiérarchie de l’Etat. En tout cas, le suspense reste entier sur ce sujet. Autre inconnue, la liste du tiers présidentiel. 24 sénateurs seront remplacés outre les nouveaux 48 élus. Là encore, le chef de l’Etat a pour habitude de garder le suspense jusqu’à la dernière minute et surtout surprendre par les noms désignés. Jusqu’à hier, en fin de journée, rien n’a filtré sur cette liste. A l’issue des élections sénatoriales du 29 décembre dernier, le FLN avait remporté 32 sièges sur les 48 à pourvoir, suivi du RND d’Ahmed Ouyahia avec 10 sièges, des indépendants avec 4 sièges, tandis que le FFS et le Front El Moustakbal ont, chacun, eu 2 sièges.