«Le process de production du complexe sidérurgique d’El-Hadjar ne sera pas rétabli avant au moins 15 jours», a indiqué le P-dg de Sider El-Hadjar, Maâtallah Chamseddine, lors d’une conférence qu’il a animée, hier, conjointement avec le secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Mines, Medjoubi Kheireddine, et en présence du wali Toufik Mezhoud et du P-DG du groupe Sider, Aouchich Lakhdar.

D’Annaba, B. Adem
Les dégâts matériels ont pu être évités grâce à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs. Mais, un manque à gagner sur le chiffre d’affaires pour la période d’arrêt de la production (15 jours) est estimé à au moins 2,25 milliards de dinars. Un chiffre qui pourrait être revu à la hausse si l’arrêt du complexe dure plus que la période minimum estimée par les responsables de Sider.
Cette situation de paralysie totale de la production au niveau du complexe est due aux inondations qui ont touché, ce dernier week-end, la wilaya d’Annaba. Les fortes précipitations -plus de 140 mm en moins de 12 heures- ont provoqué des crues au niveau de la majorité des oueds de la wilaya, parmi lesquels oued Lerbâa, qui traverse le site du complexe sidérurgique d’El-Hadjar sur 500 mètres. Cette crue a rapidement pris de l’ampleur et les
inondations auraient pu provoquer d’énormes dégâts irréversibles n’était la vigilance et la mobilisation des travailleurs du complexe. MM. Medjoubi et Maâtallah ont d’ailleurs tenu à saluer l’abnégation et l’engagement de la majorité des travailleurs qui sont restés plus de 36 heures à l’intérieur du complexe pour protéger ses installations.
«Il y a des gens qui ont sauvé le complexe et ses installations. Nous avons failli perdre des transformateurs de 60 000 V. En plus de coûter extrêmement cher, ils sont très difficiles à acquérir, il faudrait attendre au moins 18 mois pour leur livraison et installation. Dix-huit mois durant lesquels le complexe aurait été paralysé.
Le point critique était l’installation électrique. Une fois cette dernière sauvée et sécurisée, nous avons entrepris de mettre à l’arrêt le haut fourneau n°2. Cet arrêt normalisé permettra de reprendre l’activité du complexe dans les plus brefs délais», a révélé le P-DG de Sider d’El-Hadjar, avant de donner quelques détails sur les moyens matériels qui ont permis au complexe d’éviter le pire. La mise en place d’un groupe électrogène de 400 000 volts et d’une pompe d’une capacité de 1 000 m3/h en plus du camion hydrocureur et de la motopompe de l’ONA, ont été indispensables pour l’évacuation des eaux pluviales qui avaient infiltré le site.
«Nous estimons que d’ici mercredi (30 janvier) soir, les eaux auront été complètement évacuées. Nous avons un challenge : au plus tard, mardi (5 février) les équipements commenceront à fonctionner en hors connexion avec le HF2. Nous avons déjà redémarré le laminoir à chaud, le laminoir à rond à béton ce samedi. Pour l’aciérie à oxygène n°1, nous avons évacué l’eau et nous procédons actuellement à l’opération de séchage des équipements et des pièces sensibles», a déclaré M. Maâtallah.
Concernant les mesures qui devaient être prises pour éviter ce genre de catastrophe au complexe, le P-dg de Sider El-Hadjar a rappelé qu’une opération de dragage de l’oued Lerbâa a été effectuée sur les 500 mètres, tout en estimant qu’en dehors du site du complexe, Sider n’avait aucune prérogative pour entreprendre de tels travaux. Et ce serait, selon lui, «en dehors du site» que le problème est survenu.
Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Mines a imputé cette catastrophe économico-naturelle au réchauffement climatique induit par la pollution provoquée par le Nord et subie au Sud. «La fréquence de ce genre de catastrophe va aller en augmentant. Il faut que l’on prenne nos dispositions dès à présent.»<