La destinée a voulu que Mourad Medelci tire sa révérence, alors que l’institution qu’il présidait jusqu’alors s’apprête à encadrer légalement le scrutin présidentiel d’avril prochain. Medelci, malade depuis quelque temps, aura été au service de l’Etat jusqu’au bout.

Il a occupé plusieurs hautes fonctions, dont celle de président du Conseil constitutionnel depuis 2013. Poste qu’il occupera jusqu’à la fin de sa vie, ce lundi 28 janvier. En 1988, Mourad Medelci a été ministre du Commerce, un poste qu’il quittera en 1989. Il effectue son retour au sein de l’Etat en tant que ministre délégué au Budget avant de reprendre son poste de ministre du Commerce, en 1999, puis ministre des Finances en 2001-2002. Medelci rejoindra ensuite la présidence de la République comme conseiller. Il est nommé une nouvelle fois ministre des Finances de 2005 à 2007 et, par la suite, dirigera la diplomatie algérienne jusqu’en 2013, avant de terminer sa carrière à la tête du Conseil constitutionnel. Le décès du président du Conseil constitutionnel Mourad Medelci a d’ailleurs suscité un certain nombre d’interrogations, d’autant qu’il intervient dans un moment pré-électoral déterminant. Le Conseil constitutionnel, qui s’apprête à examiner à partir du 4 mars prochain les dossiers de candidatures à la présidentielle du 18 avril, devrait poursuivre son fonctionnement sans incidences. Cette institution devrait se réunir sous la présidence de son vice-président, Mohamed Habchi, pour prendre acte du décès de son président et informer le président de la République, conformément au règlement intérieur de cette institution. En effet, l’article 81 du règlement intérieur de cette institution stipule, qu’ « en cas de décès ou de démission du président du Conseil constitutionnel, le Conseil se réunit sous la présidence du vice-président et en prend acte ».
Le vice-président en intérimaire
Les fonctions du président du Conseil constitutionnel seront donc assumées de façon intérimaire par le vice-président. En effet, selon l’article 5 du décret présidentiel du 16 juillet 2016 relatif aux règles d’organisation du Conseil constitutionnel, c’est le vice-président du conseil constitutionnel, en l’occurrence Mohamed Habchi, nommé lui aussi par le chef de l’Etat, qui assumera les fonctions de ce dernier jusqu’à la désignation de son successeur. « Le décès, la démission ou l’empêchement durable du président du Conseil constitutionnel donnent lieu à une délibération du Conseil constitutionnel intervenant sous la présidence du vice-président ou, en cas d’empêchement de ce dernier, du membre le plus âgé et dont notification est faite au Président de la République. Dans ce cas, le vice-président assure l’intérim de la présidence du Conseil constitutionnel jusqu’à la date de désignation du nouveau président », note l’article 5. L’intérimaire ne durera, cependant, pas au-delà de deux semaines. Selon l’article 6 du même décret présidentiel, « le renouvellement ou le remplacement du président du Conseil constitutionnel s’effectue dans les quinze jours précédant l’expiration du mandat ».
Le Président de la République aura donc deux semaines pour désigner un président du Conseil constitutionnel qui aura pour tâche d’assurer l’accompagnement et veiller à la régularité du scrutin présidentiel. Il convient de rappeler que ni la Constitution amendée de 2016 ni la loi organique du régime électoral n’oblige le président du Conseil constitutionnel à recevoir personnellement les dossiers des candidatures.
Seule la tradition a fait que ce dernier officiait à certains cérémonials, notamment en ce qui concerne les candidats les plus en vue des présidentielles passées. Lors du scrutin de 2014, le défunt Mourad Medelci avait reçu personnellement le dossier du chef de l’Etat qui postulait pour une quatrième candidature, ainsi que celle de Ali Benflis, personnalité politique bien en vue. Il est fort probable que l’actuel vice-président Mohamed Habchi se verra désigné à la tête du Conseil constitutionnel. La conjoncture étant telle qu’il semble hasardeux d’y opérer des changements dans une institution appelée à donner le sceau légal à une opération électorale présidentielle en cours.