Récemment installé à la tête du Festival national du film amazigh, Amar Tribèche nous a annoncé que cet événement se déroulera du 28 février au 4 mars à la Maison de la culture et à la Cinémathèque de Tizi Ouzou. L’édition 2019 du festival accueillera diverses activités cinématographiques et de nombreuses personnalités du septième art. Pour sa 17e édition, le festival ambitionne d’élever le niveau de participation nationale et de devenir international. Le nouveau commissaire a confié à  Reporters que son but est de faire de cette manifestation un festival international en soulignant que «tous les festivals de cinéma en Algérie sont internationaux, mais celui du film amazigh est resté national bien qu’il soit à sa 17e édition et mon but et d’y remédier». Il indiquera que l’objectif «à travers cela est de rehausser le niveau de la manifestation en intégrant les œuvres d’autres pays, afin de découvrir d’autres formes et approches cinématographiques. Ceci à l’instar des productions cinématographiques d’autres pays, tels que la Tunisie, le Maroc, la Libye, l’Egypte, les îles Canaries et le Canada, dont les films amazighs sont de grande qualité et surtout professionnels». A cet égard, M. Tribèche a indiqué que le bon niveau des participants internationaux pourrait «nous aider à avoir plus de subventions et de sponsors. A ce jour, le budget alloué au succès de l’événement est insuffisant. Le festival reçoit uniquement l’aide du ministère de la Culture et de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins». Il ajoute, qu’à l’heure actuelle, une vingtaine de films ont été présélectionnés et transférés au niveau du ministère de la Culture pour l’octroi du visa d’exploitation, «ce qui est obligatoire, car sans ce visa le film ne pourra pas être projeté». Il y a également dans cette présélection, des films documentaires, des courts-métrages et des films d’animations. «Tous ces films seront visionnés par un comité de sélection composé de l’acteur Salem Aït Ali Belkacem, du directeur de la photographie Akli Metref et du réalisateur Ali Brekeno», confie notre interlocuteur. Il annonce également que le jury sera dirigé par le réalisateur Saïd Oulmi et sera, notamment composé de Ghania Sedik, journaliste et critique de cinéma à la Radio nationale, Cherif Mammeri et Mohammed Oudjedoub, responsables de la programmation à la Télévision algérienne, ainsi que du producteur Nasser Yahni. «J’ai choisi des professionnels qui ont œuvré dans le cinéma, je ne voulais pas choisir des universitaires académiques», note-t-il. Selon Amar Tribèche, la direction de la culture de Tizi Ouzou commémorera le 30e anniversaire de la disparation de Mouloud Mammeri, le 28 février prochain, il explique ainsi, que «nous avons choisi de lancer ce festival le 28 février pour qu’il coïncide avec cette commémoration. Cette initiative rendra hommage à tous ceux qui ont œuvré pour la culture amazighe». Un certain nombre de cinéastes et de personnalités du septième art prendront part à cette manifestation, tels que Saïd Ould Khalifa, commissaire du Festival du film méditerranéen d’Annaba, Nasser Yahni et le critique Ahmed Bedjaoui, pour intervenir sur le cinéma amazigh.
Quant au nouveau directeur de la Cinémathèque algérienne, Salim Agar, il animera une rencontre sur «l’évolution du cinéma amazigh depuis son commencement». Le festival organisera aussi un atelier d’écriture qui sera dirigé par Malik El Aggoun.
«Cet atelier sera probablement abrité par l’université de Tizi Ouzou à l’intention des étudiants intéressés et cela dans le but de développer l’écriture dans le cinéma amazigh», dira M. Tribèche. Le commissaire de cette 17e édition consacrée au cinéma d’expression amazighe estime que «le cinéma amazigh est en train de s’accrocher, car ces œuvres sont produites à partir de rien. Ce sont de véritables créations artistiques. Si on leur donne les moyens, elles feront des merveilles.»