Dans de nombreux établissements publics, le volet sécurité incendie continue à être ignoré et parfois même, il est quasi absent. Devant cette carence aux conséquences graves sur le plan humain et matériel, Ibrahim Hamici, expert en prévention incendie, estime que près de 70% d’établissements « devraient être fermés ». Pour lui, « on ne peut se permettre de badiner avec la sécurité des personnes ».
Ce dernier, qui animait une conférence autour du thème « la prévention incendie et a gestion des risques », en marge de la deuxième édition du Salon international des systèmes de sécurité, protection de l’environnement et de l’anti-incendie (2SPRO), qui se tient au Centre international des conférences d’Alger ( CIC), du 28 au 31 janvier, s’est dit inquiet de l’état des lieux concernant la prévention incendie dans notre pays. Et pourtant, selon cet expert, dans les établissements qui reçoivent du public « la sécurité incendie doit être assurée dans toutes ses facettes. Et de préciser dans ce sens : « La prévention incendie ne se limite pas à l’installation de matériel de prévention mais, faut-il savoir l’utiliser au moment voulu et aussi assurer son entretien. Ce qui n’est souvent pas le cas ».
Et pourtant, « ce n’est pas la réglementation qui manque en Algérie » a-t-il indiqué. Ibrahim Hamici, issu d’une très grande école française sur la prévention incendie, dira que « tout relève du bon vouloir du maître de l’ouvrage de faire en sorte que le cahier des charges, notamment au chapitre de la sécurité incendie soit intransigeant sur le respect des exigences ».
Et là encore, cet expert s’est demandé « pourquoi la loi sur la prévention incendie, décrétée en 2016, tarde à être mise en application ? » Interrogé par Reporters sur le niveau de prévention incendie dans les nouvelles superstructures qui vont bientôt être inaugurées, à savoir la grande mosquée d’Alger et le nouvel aéroport international de la capitale (le T2), Ibrahim Hacimi, qui a été sollicité pour superviser les installations relatives à la prévention incendie ainsi qu’à la gestion dans ces deux superstructures, n’a pas caché sa satisfaction. « Ce qui a encore attiré mon attention, c’est l’excellent travail mené par des cadres de la Protection civile nationale pour rendre ces lieux hautement sécurisés », a-t-il affirmé. Et d’ajouter dans ce sens : «C’est tout à l’honneur de la Protection civile », non sans avouer : « Cela ne m’a pas étonné car lors de ma spécialisation dans la prévention et la gestion des risques, partagée avec des cadres de la Protection civile algérienne, j’ai vite remarqué leur excellent niveau de formation dans leur spécialité. J’en suis très fier. »
Notons que Ibrahim Hacimi est binational et a créé, à Alger, une société d’expertise de statut algérien « Alaudae Djazaïr ». Selon Ibrahim, la société, fonctionnelle depuis trois ans, pratique des audits, donne des conseils et assure des formations dans son corps de métier. Rappelons que le 2SPRO, organisé par l’agence de communication MSPUP, regroupe plusieurs secteurs d’activités tous dédiés à la sécurité, entre autres, les risques industriels et techniques ainsi que la sécurité intégrée, à savoir les contrôles d’accès et la vidéo surveillance. Il sera également organisé des conférences sur de nombreux thèmes tels que
« les systèmes de gestion des urgences et des situations de crise », « les risques sismiques », etc.<