Les prix à l’importation, exprimés en dinars, ont fortement augmenté sur les neuf premiers mois de l’année précédente, par rapport à la même période de 2017. L’indice des prix à l’importation est compilé pour les prix des biens qui sont achetés en Algérie mais produits à l’étranger.
Dans un document portant sur l’indice des valeurs unitaires (IVU) du commerce extérieur de marchandises élaboré par l’Office national des statistiques (ONS) et rendu public hier, il est mentionné que toutes les marchandises ont connu une augmentation par rapport à la même période de 2017. Il s’agit des combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes (+30,2%), des produits chimiques et produits connexes (+14%), boissons et tabacs (+13,9%), articles manufacturés (+12,8%), machines et matériels de transports (+11,2%), matières brutes non comestibles sauf carburants (+9,3%), des articles manufacturés divers (+8,4%), produits alimentaires et animaux vivants (+7,5%) et des huiles, graisses et cires d’origine animale ou végétale (+3,9%). Une partie de ces marchandises servent de matières premières à la fabrication de produits destinés à la consommation locale ou à l’exportation. Et si cette marchandise est achetée au prix fort (prix élevé à l’importation), cela renchérit d’autant le prix à la consommation sur le marché intérieur. Cela serait un mauvais signe en ce qui concerne l’inflation qui risque de repartir à la hausse. Pour l’instant, celle-ci a été contenue à 4,5%. Un bon taux. Encore faut-il pouvoir le maintenir à ce niveau. Dans le rapport de l’ONS, il est par ailleurs question des prix à l’exportation qui ont également enregistré une forte hausse estimée à 38,2% entre les deux périodes de comparaison. Quatre groupes de produits sur les sept qui constituent la structure des exportations ont en fait connu des hausses durant les neuf premiers mois de l’année 2018 par rapport à la même période de 2017. Ces quatre groupes de produits sont les combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes (+39,6%), les boissons et tabacs (+24,6%), les articles manufacturés (+18%) et les produits chimiques et produits connexes (+12,8%). Quant aux trois groupes de produits qui ont connu une baisse des prix à l’exportation, il s’agit des produits alimentaires et animaux vivants (-11,3%), matières brutes non comestibles (sauf carburants) et les huiles, graisses et cires d’origine animale ou végétale (-10,1%), ainsi que les machines. En résumé, l’indice des prix à l’exportation concerne les prix des biens vendus à l’étranger, mais produits au pays. La méthode de calcul des prix à l’exportation tient compte, entre autres, de la compétitivité et du coût de revient. Les prix à l’importation et les prix à l’exportation indiquent les tendances inflationnistes dans les produits commercialisés au niveau international. Les changements dans les prix à l’importation et les prix à l’exportation sont une jauge de l’inflation pour le pays et pour l’étranger. Tout est en fait lié aux coûts de production, a fortiori dans un pays où l’essentiel des éléments entrant dans la fabrication de produits sont importés.
La hausse ou la baisse des prix de gros est à un moment ou un autre transférée au consommateur. Toutefois, en fonction de la situation concurrentielle, cette liaison est loin d’être évidente. Mais les investisseurs gardent un œil ouvert sur la menace provenant des prix.