Une cérémonie de recueillement a été organisée, hier à Alger, à la mémoire de l’ancien secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA) Abdelhak Benhamouda, assassiné le 28 janvier 1997 par des terroristes.

La cérémonie s’est déroulée au siège de la Centrale syndicale en présence notamment du secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd, du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, ainsi que des représentants de partis politiques et d’associations de la société civile. La disparition tragique de l’homme, connu dans le milieu syndical pour être un « fervent défenseur des travailleurs », est toujours considérée comme une immense perte pour le mouvement syndical algérien. Ce qui fera naturellement dire au ministre du Travail que le parcours de Benhamouda et le combat pour le développement et la stabilité de l’Algérie « ne sont plus à décrire ». « C’est un grand militant qui s’est consacré durant tout son parcours à sa patrie jusqu’au dernier instant de sa vie », a souligné M. Zemali, alors que de son côté, M. Sidi-Saïd a rendu hommage « aux martyrs de la nation qui se sont sacrifiés, à l’image de Abdelhak Benhamouda, pour l’Algérie ». Ajoutant que « ce combat ne s’arrête pas et se poursuit aujourd’hui à travers les militants qui travaillent pour la préservation de la paix et de la stabilité sociales ».
« Grâce à la stabilité sociale qui est le fruit du dialogue, et à travers la solidarité, également, nous pourrons transmettre à la jeunesse et à la société, en général, un message d’unité et d’espoir à même de franchir de nouvelles étapes de développement du pays », a soutenu le successeur de Benhamouda à la Centrale syndicale.
Abdelhak Benhamouda est l’un des fondateurs du Comité national de défense de la République après l’arrêt du processus électoral en 1992. Il a été assassiné par les terroristes le 28 janvier 1997 à la place du 1er-Mai, devant la Maison du peuple, après avoir échappé auparavant à une tentative d’assassinat à la cité Garidi. Révolté par les injustices et la bureaucratie, il s’était engagé corps et âme dans l’action syndicale qui lui offrait la possibilité de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des Algériens. Et ce n’est que naturellement qu’il avait été propulsé à la tête de la Centrale syndicale en juillet 1990, où il demeurera en tant que secrétaire général jusqu’au jour de son lâche assassinat.
Soutien aux luttes syndicales « conformes à la réglementation en vigueur »
« L’UGTA n’a pas dérogé aux règles établies par Benhamouda ou celles qu’il a défendues. Au contraire, on est restés sur la même lignée et on continue à défendre les droits des travailleurs », a expliqué à Reporters Ahmed Guettiche, porte-parole de la Centrale syndicale, pour tenter de répondre aux remises en cause de la Centrale syndicale par les différents mouvements syndicaux à travers le pays.
La lutte syndicale est une lutte «sans merci» qui se fait dans le cadre de la réglementation en vigueur », ajoute notre interlocuteur. « Le dialogue et la négociation sont les moyens appropriés pour le règlement des conflits sociaux pour le bien de l’entreprise et du pays », soutiendra-t-il, niant ainsi l’existence de restrictions sur l’exercice des libertés syndicales. Pour rappel, en avril dernier, le ministre du Travail, Mourad Zemali, avait indiqué que «sur 65 syndicats recensés, 30 ont répondu favorablement à l’appel du ministère du
Travail relatif aux éléments de leur représentativité». Expliquant que «17 syndicats ont respecté la forme, alors que 13 autres ne l’ont pas fait».
Ces syndicats déclarés non représentatifs n’ont pas le droit de soulever des revendications à leur tutelle. « On reconnaît le pluralisme syndical édicté par la loi. Maintenant, celui qui a des capacités d’intervenir en faveur des travailleurs n’a qu’à le faire, mais en étant conforme aux lois », conclura M. Guettiche.<