La situation tendue qui prévaut, actuellement, au Venezuela ne laisse pas indifférents les acteurs du marché pétrolier. Bien au contraire, ces derniers restent à l’écoute de la moindre nouvelle en provenance de ce pays, livré, depuis jeudi, à une tentative de coup d’Etat menée par Juan Guaido.
Et pour cause. Le Venezuela est un acteur majeur de ce même marché qui, en dépit d’une production réduite, compte les plus grandes réserves prouvées d’or noir. Celles-ci s’élèvent à 300,9 milliards de barils (17,6% des réserves mondiales), selon les estimations de la BP Statistical Review of World Energy, alors que celles du premier producteur mondial, l’Arabie saoudite, avoisinent les 266,5 milliards de barils.
Et même si la production vénézuélienne a subi un sévère coup de réduction par rapport à son véritable potentiel, elle continue à contribuer à l’offre mondiale, notamment en direction des Etats-Unis, qui restent le principal client de ce pays, ils en avaient importé une moyenne de 500 000 barils par jour en 2018. On est, bien sûr, loin du 1,1 million de barils par jour atteint en 2007, mais le Venezuela reste le troisième fournisseur en brut des Etats-Unis après le Canada et l’Arabie saoudite. Or, Washington, qui multiplie les manœuvres pour accentuer la pression sur le régime vénézuélien en place, n’hésite pas à brandir les menaces de sanctions contre les importations pétrolières au cas où Nicolas Maduro demeurait au pouvoir. Le président américain Donald Trump aurait, selon l’agence Reuters, informé qu’il étudiait la possibilité de durcir les sanctions.
Pour le moment, le marché réagit, certes, modérément à ces rumeurs, mais si des menaces de ce type venaient à être confirmées et actionnées, elles auront pour impact immédiat de réduire l’offre de l’Opep, dont le Venezuela reste un membre important.
Dans cette situation, les prix connaîtront systématiquement une hausse. Sauf que l’éventualité d’une diminution de la production pétrolière est déjà prise en compte dans les cours pétroliers et le marché pourra compter sur une stabilité grâce à une hausse des quotas de l’Opep et ses partenaires, membres de l’accord de réduction.
Cela étant, la crise politique en cours au Venezuela semble déjà agir sur les cours en leur épargnant le fléchissement redouté sous le poids de l’accumulation des stocks américains. Pour preuve, le marché a clôturé la semaine en hausse, vendredi, avec un baril de Brent de la mer Nord pour livraison en mars gagnant 55 cents pour finir à 61,64 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « Light sweet crude » pour la même échéance a gagné 56 cents pour terminer à 53,69 dollars. Concernant le prix du panier de l’Opep, il s’est établi jeudi à 60,22 dollars le baril, contre 60,52 dollars la veille, a indiqué vendredi l’Organisation sur son site web.
Introduit en 2005, le panier de référence de pétrole brut de l’Opep (ORB) comprend actuellement le Sahara Blend (Algérie), Girassol (Angola), Djeno (Congo), Oriente (Equateur), Zafiro (Guinée Equatoriale), Rabi light (Gabon), Iran Heavy (Iran), Basra Light (Irak), Kuwait Export ( Koweït), Es-Sider (Libye), Bonny Light (Nigéria), Arab Light (Arabie saoudite), Murban (Emirats arabes unis) et Mery (Venezuela).<