Ils n’ont pu supporter les conditions qu’endurent leurs progénitures dans cette école nouvellement mise en activité, alors ils ont décidé de boycotter les cours et donc de garder leurs enfants à la maison et ce jusqu’à ce qu’une solution soit apportée à leurs problèmes. « Imaginez par ces températures hivernales, des gamins de 6 à 8 ans, emmitouflés jusqu’aux oreilles dans des classes frigorifiées et sans cantine, ni repas chaud ni froid, est-ce humain ? » s’insurge un parent d’élève rencontré devant l’école. Il ajoute : « Même les enseignants se plaignent du froid et affirment ne pas pouvoir se concentrer sur leurs cours ni les faire suivre aux élèves. Ils sont transis de froid et perdent toute concentration et toute aptitude d’assimilation.» L’école en question fréquentée par plus de 200 gamins, est une nouvelle infrastructure réalisée sur le site de la zone des sciences dans la commune de Bounoura, au profit des enfants des nouvelles cités érigées à une dizaine de kilomètres à la sortie sud de Ghardaïa, sur les abords de la RN1, vers Ouargla. Selon des informations que nous avons pu recueillir, il semblerait que le problème résiderait dans l’abandon des travaux de raccordement de l’école au réseau de gaz de ville par l’entrepreneur en charge du marché, arguant de la difficulté rencontrée dans le sous-sol rocheux du terrain. Il soutient que les prix proposés pour ce marché sont en deçà du coût réel des travaux, les estimations n’ont pas pris en compte la nature rocheuse du terrain. Il exige une réévaluation du montant du marché pour reprendre les travaux. Entre temps, les enfants sont pris entre deux choix cornéliens, sécher les cours et rester à la maison ou grelotter dans les classes par des températures sibériennes. Abdellah Bennacer, le président d’APC de Bounoura, révèle avoir essayé de soulager autant que faire se peut les enfants du froid en dotant les classes de radiateurs à bain d’huile, mais selon les enseignants «ceux-ci sont inefficaces compte tenu de du froid glacial et de l’envergure des classes.» Par ailleurs, nous avons appris aussi que l’école est déjà dotée de l’installation complète pour la consommation en gaz de ville et qu’il ne reste que le raccordement extérieur pour régler définitivement le problème et pour le chauffage et pour la cantine pour servir des repas chauds aux élèves, ce qui n’est hélas encore pas le cas.
O. Y.