La jeune poétesse Soumaya Mobarek était l’invitée de la rencontre «les Mercredis du Verbe», organisée à la bibliothèque multimédia Bachir-Mentouri par l’établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger. La rencontre-débat, suivie par une quinzaine de personnes, aura ainsi été l’occasion de présenter le travail et les sources d’inspirations de la poétesse, mais également d’aborder la question récurrente de la traduction des textes littéraires et poétiques. L’écrivaine et poétesse Soumaya Mobarek s’est fait remarquer du public à l’occasion de ses différentes participations au Salon du livre d’Alger (Sila). Elle a publié son premier ouvrage en 2010, avant d’éditer une dizaine de recueils de poésie à compte d’auteur. Abordant des questions personnelles, sur ses expériences et plus largement les problématiques de notre société, la poétesse nous précisait, mercredi dernier, que «le sujet principal de mes textes reste la femme et le statut de la femme dans une société arabe (…) mais je parle aussi plus généralement de notre société, des injustices que subissent les femmes et les hommes…» Elle ajoutera, par ailleurs, en réponses aux questions du public sur son parcours particulier l’ayant conduit à publier onze ouvrages en moins d’une décennie, que la poésie était pour elle une échappatoire et un exutoire. «J’ai toujours aimé la poésie, mais ce n’est qu’à l’âge de 25 ans que j’ai commencé à écrire des textes, en parallèle à mes études universitaires en Lettres arabes classiques (…) Je me suis intéressée à la littérature et à la poésie arabe ancienne et moderne et tout particulièrement à Mahmoud Darwich, qui m’a énormément marquée». En ce sens, Soumaya Mobarek, qui présentera par la même occasion son dernier recueil intitulé «Confession d’Aphrodite», nous précise, en marge de la rencontre, que «l’écriture a été pour moi une échappatoire, un champ d’expression (…) c’est pour cela que mes premiers ouvrages abordaient mes expériences sans me limiter à un style particulier…Pour moi la poésie libre est ce qui me ressemble le plus. J’estime que le plus important est de réussir à transmettre le message». Quant à la question de la traduction de son dernier recueil, un projet qu’elle a également financé à compte d’auteur, la poétesse, en partie satisfaite du résultat, expliquera néanmoins que ce type de projet restait aléatoire, en confiant que «l’idée de traduire mon texte m’a été inspirée par une traductrice spécialisée en langue anglaise (…) Cela ouvre un nouveau champ et touche d’autres lecteurs». Elle souligne toutefois que «le texte a été traduit en anglais et en français. La version anglaise a été fidèle à mon message, cela est peut-être dû au fait que la traductrice est elle-même poétesse. Quant à la version française, le traducteur n’a malheureusement pas réussi à retransmettre la profondeur du message du texte». Elle explique que suite à ce constat, une nouvelle version serait ainsi à l’étude, tout en laissant entendre qu’elle comptait publier à nouveau une nouvelle œuvre. Soumaya Mobarek semble également désireuse de rester fidèle à la poésie. Répondant à une question sur l’écriture d’un éventuel roman, elle dira qu’«écrire un roman est très différent, c’est presque la fabrication d’une histoire et une création de personnages. Pour le moment, je préfère me consacrer à la poésie».«Les Mercredis du Verbe» sont un rendez-vous littéraire animé par l’écrivaine et poétesse Fouzia Laradi qui existe depuis 16 ans. Il a pour objectif de faire connaître les «écrivains et auteurs de talent». Des auteurs dont les textes, explique-t-on, «souffrent des problèmes de distribution, de manque de librairie et d’espace de discussions».