Encore l’histoire des salaires impayés pendant trois mois du personnel du service de la voirie de la commune de Bounoura, qui ont dû, après avoir épuisé toutes les voies, recourir à la grève pour enfin être payés. Pendant plus de trois mois, l’état de l’autorisation budgétaire n’a pas arrêté de faire des aller-retour de rejet-correction-rejet, entre le service comptabilité de la commune de Bounoura et le contrôle financier (CF) des communes de la vallée du M’zab. Il a fallu l’intervention énergique de Nedjmeddine Tiar, l’inspecteur général de la wilaya de Ghardaïa, pour faire enfin entériner l’autorisation budgétaire par le contrôleur financier et ainsi débloquer le payement avec effet rétroactif de 34 travailleurs, tous pères de famille qui se sont retrouvés piégés par des considérations purement bureautiques, pour ne pas dire par des actes de responsables zélés qui n’ont aucun respect pour les droits inaliénables des travailleurs. Aujourd’hui, le problème resurgit plus gravement puisque ce sont des milliers d’élèves des 12 écoles primaires de la commune de Bounoura qui se retrouvent du jour au lendemain privés de cantines faute de financement, l’autorisation budgétaire pour ce chapitre comptable étant en ballottage entre le service comptabilité de la commune de Bounoura et le contrôle financier (CF) des communes de la vallée du M’zab. Et pour cause, elle ne cesse de faire l’objet de rejet de la part du CF pour des motifs, à la limite fallacieux, d’erreurs répétées après chaque correction de l’erreur précédente. Plusieurs questions viennent à l’esprit. Pourquoi, sur les quatre communes de la vallée du M’zab (Ghardaïa, Bounoura, El Atteuf et Dhaïa Ben Dahoua), champ de compétence du CF de Ghardaïa, seule la commune de Bounoura fait l’objet d’un tel traitement, à la limite de l’acharnement ? Qu’est-ce qui empêche les deux services de comptabilité (commune et CF) de s’asseoir autour d’une même table et de rectifier sine die toutes les erreurs et débloquer en temps opportun l’autorisation budgétaire ? Pourquoi ces rejets successifs de la part du CF après chaque correction de l’erreur indiquée ? En attendant d’avoir des réponses à toutes ces lancinantes questions, des milliers de gamins du cycle primaire de la commune de Bounoura sont privés de cantines scolaires, pas de repas chauds ni même de repas froids à se mettre sous la dent. Depuis la reprise des cours après les vacances d’hiver, les douze écoles primaires de la commune de Bounoura se retrouvent, sans cantine scolaire pour des raisons indéterminées, selon un membre de l’Association des parents d’élèves de l’école primaire de Sidi Abbaz. « Ni les repas chauds ni les repas froids, lancent des parents d’élèves, ne sont distribués à nos enfants depuis bientôt 20 jours et les cantines demeurent fermées. Cette situation pour le moins lamentable, nous contraint à les prendre en charge en matière ». Devant cette défectuosité survenue brusquement et qui semble perdurer d’autres citoyens, parents d’élèves et tuteurs se sentant impuissants n’ont donc cessé de faire appel aux premiers responsables du secteur les priant d’intervenir, dans le but d’y trouver une solution. « Le calvaire que vivent actuellement nos enfants et de surcroît à l’entame d’un rude hiver qui s’annonce, serait dû, semble-t-il, aux sentiments de crainte et d’incertitude dont ferait part le fournisseur chargé habituellement de l’approvisionnement de ces écoles en produits alimentaires, puisqu’il n’est plus payé par la commune qui se retrouve coincée par les rejets successifs de son budget par le CF des communes de la vallée du M’ zab », conclut un ex-élu local, père de deux enfants inscrits à l’école primaire de Beni Izguène. A-t-on le droit de priver des enfants du minimum de leurs droits consacrés par la Constitution et les lois de protection de l’enfance ? Les querelles de clochers entre responsables ne doivent en aucune manière déteindre sur les enfants, jamais !
O. Y.