Il y a fort à parier que de nombreux opérateurs nationaux vont s’atteler à envisager d’investir dans les wilayas du Sud après avoir appris que toute entreprise nouvellement créée bénéficiera de 10 ans d’exonération fiscale et de  3 ans de différé sur le remboursement de leurs crédits bancaires.
Ce dispositif annoncé par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale Mourad Zemali, lors d’une session à l’Assemblé populaire nationale (APN) jeudi dernier, n’en n’est pas moins révélateur que les pouvoirs publics visent, à travers cette initiative, de réduire le taux de chômage élevé dans ces régions du pays. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné le ministre en indiquant que cette nouvelle mesure d’encouragement à l’investissement, trouvera un impact hautement favorable, le but étant, d’impacter positivement la création d’emploi et de lutter contre le chômage, particulièrement ressenti dans ces régions, qui souffrent d’un manque de développement local. Le ministre a par ailleurs indiqué à propos de cette mesure qu’elle pourrait mettre un terme à cette tendance chez les jeunes demandeurs d’emploi des wilayas du Sud « qui refusent pour la plupart d’intégrer des entreprises activant dans le bâtiment, les travaux publics, l’hydraulique et encore moins dans le secteur de l’agriculture, préférant des entreprises publiques et pétrolières », a fait remarquer le ministre.
Et de faire comprendre que « toutes les entreprises des hydrocarbures ne peuvent seules satisfaire les demandes déposées au niveau des agences d’emploi. Le ministre s’appuyant sur une étude menée par les agences de l’emploi dans les wilayas du Sud, rapportera, à titre d’exemple, que dans la wilaya de Tamanrasset, ce sont 311 offres d’emploi qui ont été déclinées en 2017 et 94 en 2018. Toujours à propos de cette wilaya, Zemali a précisé qu’elle a enregistrée 3 837 offres d’emploi en 2018 contre 2 566 en 2017 ». Soulignant au passage cette tendance des jeunes des wilayas du Sud de ne vouloir travailler qu’au sein des compagnies pétrolières trouvant sa raison dans l’écart des salaires, en nette infériorité dans les secteurs de l’agriculture et du bâtiment. Ainsi, on peut penser qu’à la faveur de cette nouvelle mesure d’encouragement à l’investissement dans les wilayas du Sud, les entreprises qui seront créées dans des secteurs d’activités pourvoyeuses de postes d’emploi seront à même d’intéresser les chômeurs de ces wilayas.
Notons que lors de cette plénière, le ministre a répondu à la question du régime de retraite concernant la communauté nationale établie à l’étranger, Zemali a indiqué que son département s’attelait à l’élaboration d’un texte réglementaire, pour fin février prochain, fixant les conditions et les modalités d’affiliation de la communauté nationale établie à l’étranger au régime national de retraite. Selon le ministre, cette nouvelle disposition « permettra aux membres de la communauté nationale établie à l’étranger, exerçant une activité professionnelle soumise au système salariés/non-salariés ou résidant dans des pays n’offrant pas de système de retraite, d’obtenir une pension (de retraite) dans leurs pays contre une contribution à la solidarité entre générations (cotisations) », a-t-il expliqué. A une autre question de la députée Fatima Saïdi (MSP) sur « la préservation et la pérennité du système national des retraites », Zemali a affirmé que le Gouvernement « n’a aucune intention ou projet actuellement de révision à la hausse de l’âge de retraite ou de baisse du calcul de la pension à moins de 80%», assurant que cette question
« n’est pas à l’ordre du jour ».
Le ministre a mis en avant, à ce propos, « les intenses efforts consentis par l’Etat pour la recherche de ressources de financement supplémentaires à même de garantir la pérennité de la Caisse de retraites ». Il a évoqué, dans ce sens,
« une réflexion menée actuellement par son département sur de nouvelles mesures pour le développement et la modernisation des mécanismes de recouvrement, l’intensification du contrôle pour lutter contre la non-déclaration des employés à la Sécurité sociale et l’organisation de la gestion des Caisses d’assurance sociale et leur actualisation pour qu’elles soient au diapason de l’évolution enregistrée dans la société », a-t-il conclu.n