L’Etat allemand a abordé la question de la structuration de la migration, par le biais notamment du travail auprès des agences de recrutement et de la réglementation, ce qui rejoint les débats en cours sur la distinction entre une migration choisie et une migration subie. Il a beaucoup légiféré sur le sujet. Il y a quelques mois, quelque 338 200 emplois étaient non pourvus en Allemagne dans les seuls secteurs de l’informatique, des mathématiques et des technologies de l’information, selon le quotidien économique Handelsblatt, qui cite l’Institut économique allemand, basé à Cologne. Il y a donc de la place et du travail pour les migrants, du moins pour ceux ayant un niveau d’instruction et de compétence professionnelle élevé. Le pays est bien sûr favorable à la migration, mais pas à n’importe quel prix. L’Allemagne est un pays d’accueil, mais veut aider les pays pourvoyeurs de migrants, comme c’est le cas de l’Algérie, à fournir aux jeunes le soutien dont ils ont besoin pour promouvoir leur bien-être professionnel ou s’engager dans une activité productive. Trois mille sept-cent Algériens sont en situation irrégulière en Allemagne. Les autorités allemandes ont commencé leur rapatriement depuis 2015. Le sujet a fait l’objet de discussions intenses à l’occasion de la visite à Alger, l’automne dernier, de la chancelière allemande, Angela Merkel. Selon le quotidien allemand Stern, qui a cité des chiffres du ministère allemand de l’Intérieur, le nombre d’Algériens expulsés n’a cessé d’augmenter depuis 2015. Cinquante-sept personnes l’ont été en 2015. De nombreux Algériens candidats à la migration clandestine ont formulé une demande d’asile. Mais très peu d’entre eux obtiennent le précieux sésame. En tout cas, la chance d’obtenir ce document sera grandement réduite, maintenant que l’Algérie est considérée comme un pays sûr aux yeux du Parlement allemand. Le Bundestag a adopté, il y a quelques jours, un projet de loi qui fait figurer notre pays sur la liste des pays sûrs. On y trouve trois pays maghrébins, en l’occurrence la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, ainsi que la Géorgie. Ce projet de loi, s’il est voté en deuxième lecture, permettra aux autorités allemandes de débouter les ressortissants issus de ces pays de leurs demandes d’asile et de procéder à leur expulsion vers leur pays d’origine. Le Bundestag a adopté, par 509 voix pour, 138 contre et 4 abstentions, ledit projet de loi proposé par les représentants des partis de l’opposition, à savoir les Verts et de la Gauche. Les pays d’origine sûrs sont les pays où il n’y a pas de répression politique, de traitements dégradants ou des sanctions inhumaines. Selon la chaîne de télévision allemande La Deutsche Welle (DW), le ministre de l’Intérieur, Horst Lorenz Seehofer, souhaite que cette procédure soit un signal permettant de réduire de manière significative les demandes d’asile provenant des ressortissants des quatre pays cités ci-dessus. Les pays d’Afrique du Nord, à savoir la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, sont classés par le Parlement allemand, comme étant des Etats sûrs. Avec cette classification, les autorités allemandes n’auront pas de problèmes législatifs afin d’expulser les migrants illégaux originaires de ces pays sur leurs sols.
Ce projet de loi comprend des dispositions permettant aux personnes d’origine de Tunisie, de Géorgie, d’Algérie et du Maroc de demander l’asile en cas de torture, de traite des êtres humains ou de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle. Les mineurs non accompagnés peuvent également faire une réclamation. Selon les statistiques de la police allemande, les migrants originaires du Maroc, de Tunisie et d’Algérie seraient plus susceptibles de commettre des crimes et des actes de délinquance que les migrants de régions déchirées par la guerre telles que l’Irak et la Syrie.