Ce n’est pas demain la veille que la Caisse nationale de retraites (CNR) sortira d’une situation financière des plus critiques. Car pour stopper, ou tout au moins stabiliser le déficit de la CNR, il faudra encore attendre quelques années.

Et pourquoi ? Le Directeur général de la CNR, Slimane Melouka, a livré quelques éléments de réponse à cette question lors de son passage, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne. Et d’arguer :
« dès lors où nous avons enregistré une régression dans le nombre de dépôt des dossiers de retraite, en 2018, nous prévoyons un passage du déficit de l’ordre de 600 à 610 milliards DA, en 2019, et donc nous nous acheminons vers une stabilisation du déficit de la caisse. » Le directeur général précise : « Le nombre des départs à la retraite en 2018 a été moins de 80 000 par rapport à 2017. La CNR a clôturé l’année 2018 avec un déficit de 560 milliards de dinars. Un montant qui a été octroyé à cette dernière, sous forme de prêt à payer en différé et en 2 tranches, avec un délai de 20 ans, et ce, dans le cadre de loi de Finances 2019. » Et de faire remarquer : « A ce montant, s’ajoute la contribution régulière de l’Etat, ce qui a permis à la caisse de se doter d’un total de 700 milliards de dinars devant lui permettre de couvrir le payement des pensions et allocations de retraites. » Et à ce titre, le patron de la CNR a rappelé que « la contribution de l’Etat a été toujours régulière. Sans elle, il aurait été difficile, voire même quasi impossible, à la caisse de remplir sa mission principale, celle d’assurer le paiement des pensions ». Donnant dans ce sens une rétrospective des situations financières traversées par la caisse ces dernières années. «D’un déficit de 250 milliards de dinars en 2015, on est passé à environ 350 milliards de dinars en 2016, ensuite à 470 milliards de dinars en 2017 et à 560 milliards de dinars en 2018. En somme, le déficit de la CNR a augmenté de 100 milliards de dinars en moyenne chaque année », a égrené Slimane Melouka. Revenant sur l’évolution de ce déficit financier, il a soutenu qu’en 2013-2014, la caisse « avait encore les moyens nécessaires » pour prendre en charge les dépenses de l’époque, mais depuis 2015, une « saignée très importante » a été ressentie. Et pour cause. « En 2016, près de 300 000 dossiers de départs à la retraite ont été déposés, ce qui a négativement impacté l’équilibre de la caisse dépendante des cotisations », a-t-il indiqué.
« Heureusement, un retour à la normal est intervenu suite à l’abrogation de la mesure qui permettait aux travailleurs de partir en préretraité avant l’âge de 60 ans. ET ainsi, la CNR a enregistré en 2018 seulement « 80 000 dossiers de départ », a expliqué l’invité de la Radio nationale. Ce dernier a, par ailleurs, abordé les mesures prises par les pouvoirs publics pour permettre à la caisse de faire face à son déficit et répondre aux besoins des paiements des pensions. « Il y a eu une augmentation de 1% de la quote-part des cotisations de la CNR qui est passée à 18,75%. Des mesures de compensations financières entre les caisses de la sécurité sociale en 2015, 2016 et 2017 et une aide de 500 milliards de DA, prévue dans la loi de finances 2018, en plus d’un taux de 1% de la fiscalité douanière », a énuméré le directeur général de la CNR.
Toujours à propos des mesures de soutien, le même responsable a fait état, en outre, de « réflexions sur des pistes » devant endiguer le déficit qui « se creuse » depuis 2015, dont des « mesures juridiques » pour assurer le recouvrement des déperditions dues aux non-déclarations ou sous-déclarations des travailleurs par leur employeur. Sachant, a-t-il noté, qu’« il y aurait quelque 43 % de salariés non déclarés », selon l’affirmation du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.
Comme ce dernier a rapporté dans ce même ordre d’idées que l’Etat réfléchit à des mécanismes de réduction des frais de fonctionnement, ciblant l’ensemble des organismes du système de Sécurité sociale, en plus du développement de la politique de l’emploi afin d’augmenter le nombre des cotisations », a-t-il poursuivi, exprimant son « souhait de revenir à la situation d’équilibre, soit 5 cotisants soit 1 retraité ».
Slimane Melouka a clos son intervention sur une note optimiste. En effet, il avancé que le déficit financier de la Caisse nationale des retraites (CNR) connaîtra une « stabilité » durant les prochaines années en raison de la « régression » enregistrée dans les départs à la retraite.