En dépit de la chute des prix du pétrole qui a ébranlé son assise financière, l’Algérie poursuit ses investissements dans le secteur de la santé, constate le directeur général de Sanofi Algérie, Haïssam Chraiteh, s’appuyant sur, entre autres, les mesures contenues dans la loi de finances 2019. «Malgré la chute des prix internationaux du pétrole, les investissements dans le secteur des soins de santé sont restés une priorité pour le pays. Cet engagement est confirmé par la loi de finances pour 2019», a souligné M. Chraiteh dans un entretien accordé à Oxford Business Group (OBG). Ce dernier considère que le pays «bénéficie d’un système de soins de santé bien structuré et organisé, doté d’une infrastructure nationale et des ressources humaines bien formées dans tous les segments, une situation relativement unique en Afrique». Pour illustrer ses impressions, il cite les plans nationaux du pays en matière d’oncologie et de lutte contre le cancer, ainsi que l’accent mis sur le traitement d’autres maladies non transmissibles, telles que le diabète et l’hypertension. Par ailleurs, «des investissements dans de nouveaux équipements de soins de santé ont été entrepris et la proximité de l’Algérie avec l’Europe a permis d’accéder aux dernières technologies», poursuit M. Chraiteh. Une stratégie qui fait que l’Algérie «est l’un des pays les plus engagés dans l’amélioration des services de santé pour tous les citoyens», soutient-il. Concernant la contribution au développement du secteur que pourraient apporter les entreprises internationales, il fait remarquer que les entreprises pharmaceutiques internationales qui activent dans la quasi-totalité des segments qui composent le secteur «peuvent fournir une vision globale des défis à venir». L’expertise internationale peut, par exemple, «contribuer à faire progresser la mise en œuvre de l’économie de la santé et à évaluer correctement les risques et les coûts du traitement afin de se concentrer sur la prévention», arguera-t-il. Cette expertise pourra compter sur un «écosystème global construit par les autorités algériennes» et qui prend en compte toutes les dimensions du secteur, notamment la production de produits pharmaceutiques, la prévention, la formation, la recherche et les études cliniques. «Cette stratégie incite les partenaires internationaux à étendre leurs activités dans le pays», estime encore M. Chraiteh.
Avec les avancées réalisées dans l’industrie pharmaceutique, l’Algérie peut devenir un centre régional en la matière, en faisant appliquer ses normes internationales dans des pays d’Afrique, affirme le même intervenant. «L’expérience algérienne peut servir de point de référence pour rapprocher les réglementations dans la région. Permettre à l’Algérie de diffuser ses normes et réglementations contribuerait ainsi à renforcer les exportations vers d’autres pays de la région», explique-t-il.
Le complexe Sanofi Algérie à Sidi Abdellah s’inscrit, justement, dans la stratégie «ambitieuse» de développement de la production pharmaceutique nationale, se réjouit son patron, rappelant qu’une fois pleinement opérationnel, ce site produira plus de 100 millions d’unités par an.