Le Prix de la mémoire a été attribuémercredi par l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO) à titre posthume au chanteur et poète engagé, chantre de l’amazighité, Matoub Lounes, pour son œuvre et son combat pour l’identité et les droits de l’Homme.
Validé par le conseil scientifique de l’UMMTO, le Prix de la mémoire a été
remis, à l’ouverture d’un colloque national de deux jours sur l’œuvre du « Rebelle », par le recteur Ahmed Tessa à la sœur du chanteur et présidente de la Fondation Matoub Lounes, Malika, en présence d’une assistance nombreuse composée d’artistes, d’universitaires, de militants des droits de l’Homme et de la cause amazighe, du président de l’Assemblée populaire de wilaya, Youcef Aouchiche, et des autorités locales à leur tête le wali, Abdelhakim Chater.
Dans son intervention, le wali a rendu hommage au défunt chanteur qui
« avait imprimé de son vivant, une marque ineffaçable sur la culture nationale, notamment dans les domaines de la musique et de la poésie et marqué les esprits par le combat qu’il avait mené avec conviction pour la défense de la langue et la culture amazighes », a-t-il ajouté, soulignant l’aboutissement de ce combat par l’officialisation de la langue amazighe,
l’inscription de la journée de Yennayer au calendrier officiel des fêtes nationales et la création de l’académie de la langue amazighe.
« Matoub Lounes savait ciseler les vers et composer des mélodies sublimes, alliant savamment chanson et poésie », a ajouté M. Chater qui a indiqué que l’œuvre musicale de Matoub bénéficiera à l’orchestre symphonique pour le patrimoine musical amazigh que les services du ministère de la Culture s’apprêtent à mettre sur pied.
Le chef de l’exécutif local a rappelé qu’en signe de reconnaissance de la
valeur « reconnue de tous » de Matoub Lounes, « le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a approuvé le projet de réalisation d’un musée dans son village natal destiné à préserver sa mémoire et son héritage artistique et culturel », ajoutant que ce projet, dont les travaux seront lancés incessamment, a bénéficié d’une enveloppe financière, dont le montant n’a pas été révélé.
Pour le recteur de l’UMMTO, Ahmed Tessa, que l’œuvre de Lounes Matoub fait l’objet d’une « attention particulière et d’études » de la part de la communauté universitaire et intellectuelle. « Le foisonnement de travaux autour de cette œuvre témoigne de sa richesse, aussi est-il impératif qu’un regard pluridisciplinaire soit jeté sur cet héritage », a-t-il dit.
Malika Matoub qui a réceptionné le prix a manifesté son émotion face à cette reconnaissance qui « marque l’aboutissement de quelque chose ». Elle a exprimé sa « grande satisfaction » à propos du colloque sur l’œuvre de Lounes Matoub. « L’étude de son œuvre offre l’opportunité de faire connaître la pensée +matoubienne+ », a-t-elle dit, tout en rappelant que la Fondation
qu’elle préside « attribuera, à partir de l’année prochaine, une bourse pour
les étudiants intéressés de travailler sur son œuvre et dont les modalités d’attribution seront arrêtées par le comité scientifique de l’université ».
Durant la première journée de ce colloque, des conférences académiques ont été données par des spécialistes, notamment des linguistes qui ont décortiqué le texte matoubien pour démontrer, au travers de son recours à la rhétorique, à l’ironie et ses « écarts » syntaxiques, la profondeur et la complexité de la poésie du Rebelle